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Joute : Une rencontre en forêt...
(Sujet créé par Lan l 04/04/03 à 16:47)
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Dom
10/04/2003 15:09
Ménestrels et cochons: tout y est bon !


Hier soir, j'ai lu, comme tous les soirs, une histoire à mes enfants (c'est vraiment un grand bonheur). En leur lisant, j'ai pensé à notre fameuse joute. Elle m'a inspiré ceci. Comme j'ai déjà envoyé à Lan ma prose, c'est pour le plaisir.

Rencontre en forêt

Un soir, un vieil orc tout décati pénétra dans la forêt. Tous, cachés, l’observaient. Il semblait vieux, très vieux même. Il portait un grand sac de toile, qui semblait peser bien lourd. Rapidement, toute cette partie de la forêt fut au courant de sa venue. Des années que les orcs n’osaient plus y pénétrer : nombre d’entre eux furent décimés au cours d’une grande bataille, qui les opposa aux nombreux êtres féériques, habitants de cette forêt. Les rumeurs allaient bon train sur les raisons de sa venue : venait-il venger la mémoire de ses frères ? détenait-il dans son sac une arme redoutable ?

Pourtant, à y regarder de près, il n’avait pas l’air terrible, cet orc, par son âge bien sûr, mais aussi sa petite stature, son air voûté, son regard vitreux. Non, vraiment, il n’avait pas l’air dangereux.

Arrivé dans une vaste clairière, il s’assit et s’adossa à un chêne, près d’une petite source. Il semblait attendre. Tout autour de la clairière, des yeux l’espionnaient.

Au bout d’un moment où il sembla dormir, il rassembla quelques pierres en cercle, mit du bois au centre et alluma ce bûcher sommaire. Il sortit de son sac une marmite, qu’il remplit d’eau. Puis à l’aide de deux branches, il la suspendit au-dessus. Enfin, toujours de son sac, il extrait un caillou rond, tout gris, qu’il immergea dans l’eau frémissante.

Un jeune centaure, plus téméraire que les autres, aussi sans doute plus inconscient, sortit de sa cachette et s’approcha de lui.

« Holà, l’orc ! Tu n’es pas le bienvenu ici !Que viens-tu troubler notre quiétude ? »

« Mille pardons. Je ne fais que me reposer avant de poursuivre ma route. Le temps de cuire ma soupe au caillou, de la boire et je m’en vais. Pardon d’avoir pu gêner. »

Le centaure avança légèrement, curieux, l’œil étincelant de gourmandise.

« Une soupe au caillou ? Ma foi, je ne connais pas. »

« Assieds-toi. Partage mon humble repas, si tu le désires. »

« Certes. Mais avec quelques topinambours, ne serait-ce pas meilleur ? »

« Si fait. »

Le centaure partit au galop, et revint avec les légumes annoncés. Il les donna à l’orc, qui les rajouta à sa fameuse soupe.

Intriguée, une pixie s’approcha également, troublée par cet étrange manège.

Le centaure l’appela :

« Viens ! Viens goûter cette soupe au caillou ! »

« Une soupe au caillou ? Hum, çà a l’air fameux. Pourquoi n’y rajoutez-vous pas de belles racines ? »

Sans attendre la réponse, elle en fit apparaître quelques-unes, que l’orc rajouta à sa soupe.

Tout d’un coup, un groupe d’elfes surgit, arc à la main, menaçant le vieil orc. C’étaient de grands guerriers qui, à leur accoutrement, devaient revenir de la chasse.

« Avant que tu aies esquissé le moindre geste ou essayé la moindre traîtrise, tu seras mort ! »

Le centaure et la pixie s’interposèrent : « Il ne fait rien de mal : nous préparons une soupe au caillou. Et après, il s’en va. Restez avec nous et partageons ce repas. »

Interloqués, les elfes s’interrogèrent du regard, et finalement acceptèrent l’offre, à condition d’y rajouter un peu de gibier et quelques herbes.

Plus tard, c’étaient plus de vingt convives qui étaient là à deviser gaiement : brownies, nymphes, elfe, centaures et même une licorne Un deuxième feu, avec une deuxième marmite, avait même été allumé vu le nombre d’ingrédient que chacun avait amené.

Enfin, la soupe fut servie. Délicieux et exquis furent les seuls mots prononcés. Puis, une deuxième, et enfin une troisième fournée furent servies. Maintenant, les conversations avaient repris allègrement. Les différents habitants de la forêt n’avaient pas l’habitude de se retrouver ainsi et de parler comme cela.

L’orc sortit un couteau, et piqua le caillou.

« Ah ! Il n’est pas cuit. Tant pis. Il pourra resservir. Je vais maintenant devoir vous quitter. »

Des protestations s’élevèrent.

« Si. Comme je vous l’avais dit, je dois y aller. »

Il remit dans son sac sa marmite et son caillou.

« Reviens quand tu veux ! A bientôt ! »

Le ventre enfin plein, et l’œil plein de malice, il s’éloigna en direction de l’orée de la forêt. Ils ne le revirent jamais.

FIN

Les parents reconnaîtront la célèbre (?) histoire de la Soupe au Caillou, que je trouve géniale. Dans le genre livre un peu atypique, je recommande aussi chaudement "le canard fermier".
Méliane
10/04/2003 16:30
Meliane#2818

J'aime beaucoup cette petite histoire et je la note dans un coin de ma tête pour pouvoir la raconter à mon petit paladin d'ici quelques mois !
JustBob
10/04/2003 18:38
Joyeux Barbare


Très bonne histoire Dom !

Très agréable à lire, une belle ambiance féerique. Toute simple et fort sympathique.

Je n'ai même pas de critique à faire...

Si ta contribution à la joute est de ce niveau, il va falloir s'accrocher...

JustBob

PS : regardez Princess Bride ! Absolument ! (voir topic films de fantaisie)
Neojah
10/04/2003 18:39
Ménestrel bibliophage

La dernière bataille (version définitive)

Quand Iränæ reprit conscience, elle n’entendait plus les combats qui faisaient rage autour d’elle. De leur côté, les survivants n’accordaient que peu d’importance aux centaines de corps qui s’entassaient, pêle-mêle, au cœur de la plaine. Au milieu des cris, de la peur et de la violence, seule comptait la victoire ...
A cette pensée, Iränæ tenta de se relever, mais elle chuta lourdement. Une douleur atroce l’empêchait de prendre appui sur ses jambes. Quand elle regarda son bas-ventre, elle ne put s’empêcher de vomir. Le dernier coup qu’elle avait reçu lui avait ouvert l’estomac, et elle découvrit avec dégoût la couleur de ses propres entrailles.
La plaine n’était qu’une immense flaque de sang et, si la pluie n’effacerait pas avant plusieurs jours les marques de la bataille, elle limitait au moins son odeur de mort, un mélange de sang caillé, de bile et d’excréments.
Elle appela faiblement à l’aide, sans croire que quiconque viendrait lui porter secours. Quand elle regarda autour d’elle, ce ne fut que pour y voir mort et désolation. Quelques hommes se battaient encore ça et là, mais c’était bien la Mort qui avait remportée cette lutte acharnée.
Pourtant, ce qui effraya le plus Iränæ fut le bourdonnement des mouches. Maintenant que l’essentiel des combats avaient eu lieu, elles avaient envahi par milliers le champ de bataille. Elles pullulaient et ne faisaient aucune différence entre les vivants et les morts. La jeune femme les sentaient partout sur son corps, pondant leurs œufs dans ses plaies.
La guerre … Iränæ venait de vivre sa première bataille. Et elle savait qu’il s’agissait également de la dernière. Ayant déjà accompagné de nombreux mourants, elle connaissait les signes funestes : les sueurs froides, les tremblements qui deviennent peu à peu des contractions, puis la lassitude, l’engourdissement de la douleur …
Elle prit cependant conscience de l’imminence de sa mort quand le sang lui envahit la bouche et les narines, car elle le sentait couler du plus profond de son être.
Elle chercha à relever la tête afin de ne pas s’étouffer, et s’essuyant le cou d’un geste machinal, elle effleura le Bois.


« Je n’en peux plus. »
Deux silhouettes se découpaient à travers les arbres. Il s’agissait d’une jeune femme et d’un jeune homme, tout deux habillés de feuilles et de mousses.
« Moi non plus. Je te propose qu’on s’arrête un instant : j’ai soif. »
Le jeune homme s’assit prés d’un ruisseau et tendit les mains pour se désaltérer.
« Et voilà qu’on le trouve pas. Ah, ça m’exaspère !
- Sois patiente Iränæ. La nuit est encore loin : nous avons le temps.
- Non, nous ne l’avons pas : toute le village nous attend pour commencer la célébration ! Je te rappelle que c’est le jour de mon Union, et j’ai attendu ça toute ma vie !
- De ton Union ? A t’entendre, je suis là pour distraire la communauté …
- Mais non Œritlos. Je t’aime, tu sais bien. Mais je suis terriblement angoissée à l’idée qu’on ne le trouve pas. Et ce déguisement stupide n’arrange rien : ça me gratte de partout.
- Je suis de ton avis, mais les traditions sont importantes. »
Le jeune homme se leva et prit la jeune fille dans ses bras. Elle se colla à lui, puis l’embrassa.
« Tu as raison. Peut-être qu’il ne viendrait pas si nous n’étions pas habillés de la sorte. »
Elle se pencha et but. L’homme hésita, puis demanda :
« Tu es bien sûre de ton choix ? Je veux pas dire que j’hésites, ça non, mais je n’ai pas envie que tu regrettes ton choix un jour.
- Tu es l’homme que j’aime depuis toujours Œritlos. Enfants déjà, nous étions unis à notre manière. Nos vies ont été tissées ensemble : j’ai toujours désiré être à tes côtés. Je t’aime.
- Moi aussi Iränæ. »
Les deux amants s’embrassèrent de nouveau avec passion.
Soudain, un bruissement de feuilles se fit entendre de l’autre côté du ruisseau. Iränæ et Œritlos s’arrêtèrent soudain en se tournant vers les fourrés.
« Yakwohl ? C’est toi ?
- Nous sommes Iränæ et Œritlos, du Village-dans-les-arbres, et nous sommes là pour demander ta Bénédiction. »
La silhouette d’un cerf se dessina à travers les fourrés.
« Oui, c’est bien toi. Selon les usages, nous sommes venus te trouver afin que notre Union soit bénite. Nous avons déposé de la nourriture, ainsi que quelques offrandes, à la source de ce ruisseau. Nous avons prononcé les paroles rituelles et nous t’avons cherché.
- Mais c’est toujours toi qui décides d’apparaître ou non. J’ai tellement eu peur que tu ne vienne pas ! »
Iränæ réprima un frisson et s’approcha davantage du cerf. Celui-ci tendit la tête au-dessus du ruisseau pour mieux les regarder. Les deux humains observaient le cerf avec fascination : ses bois luisaient dans la pénombre et ils semblaient s’étirer vers eux.
« C’est magnifique ! »
La jeune femme tendit la main vers les bois tandis que le cerf la fixait de ses yeux. Quand elle finit par les atteindre, une petite explosion de lumière éclaira la forêt. Un minuscule bout de Bois semblait flotter dans les airs. Sa surprise passée, Iränæ tendit la main pour s’en saisir.
« Voici donc la Bénédiction de Yakwohl, le shaman-cerf. Puissent nos enfants te célébrer en retour, et puissent nos peuples vivre en paix. »
Œritlos s’approcha également et observa le bout de Bois. Il continuait à luire faiblement par endroits. Quand il finit par s’éteindre, les jeunes découvrirent les runes qui symboliseraient leur Union.
Ils s’embrassèrent, puis inclinèrent la tête devant le cerf.
« Nous te remercions, shaman-cerf. Et tel que l’ont fait nos anciens, et les anciens de nos anciens, nous allons prononcer ta Bénédiction. »
Les amants se regardèrent intensément, se murmurant un « je t’aime » discret, puis se tournèrent vers le cerf.

« Chaque fois que le vent soufflera,
Chaque fois que le feu brûlera,
L’amour que je te porte grandira.

Chaque fois que la pluie tombera,
Chaque fois que la terre germera,
L’amour que je te porte grandira.


Puisse la Terre nous accorder ses faveurs,
Puisse la Terre unir nos cœurs. »


Les larmes coulaient sur les joues d’Iränæ. Murmurer ces quelques mots lui avaient demandé beaucoup d’efforts, mais cela l’emplit d’une confiance qu’elle n’aurait pas cru possible.
Sa vue se brouilla une dernière fois et elle expira un ultime soupir.

Neojah

POST : j'ai changé cette histoire de victoire de Vengeance qui n'apporte rien à l'histoire et qui est peut-être trop ambitieuse pour moi à tenir sur plusieurs joutes.
Dom
10/04/2003 19:09
Ménestrels et cochons: tout y est bon !

Waow ! Je me sens retourné d'émotion. C'est très beau ! Le début est poignant de réalisme (enfin j'imagine). La rencontre avec le shaman cerf féérique.

En deux mots et juste histoire de mettre à mal la modestie de Neojah: Quel talent !

Allez, pour le plaisir, je me relis ce superbe texte !
Neojah
11/04/2003 09:26
Ménestrel bibliophage

Ben, écoutes, merci beaucoup : ça me fait plaisir que ça t'ai plu ...
Méliane
11/04/2003 09:37
Meliane#2818

Oui, je trouve aussi que c'est très beau et émouvant... J'ai deux remarques à faire mais qui ne remettent en rien en cause ton texte :
- je ne pense pas que l'on puisse vomir lorsqu'on est blessé à l'estomac : les contractions qui permettent de régurgiter ne sont possible que si les fibres de l'estomac ne sont pas endommagées
- les mouches ne pondent pas dans la chair encore vivante ...

Bon, là forcemment, je casse un peu l'ambiance du texte, mais c'est juste pour qu'il soit à la fois beau et crédible ....
Dom
11/04/2003 09:46
Ménestrels et cochons: tout y est bon !


M'enfin Méliane !

Ce matin, je me connecte. Hop ! Je relis le texte. Magique. Et je tombe sur ton post. Argh ! La magie s'est envolée.
Neojah
11/04/2003 10:22
Ménestrel bibliophage

Merci beaucoup Méliane : je suis content que ça te plaise également. Quant à tes remarques, il existe des mouches qui pondent dans les plaies "vivantes" (j'avais effectué quelques recherches préalables comme j'avais également un doute : [url]http://www.ful.ac.be/hotes/sandrine/dossier/publication/DIVERS/pesticides_1.htm[/url] )
Par contre, je n'étais pas au courant des fibres de l'estomac ... Bon, ça reste quand même acceptable.
Mais j'y ferai attention : promis !

POST : (quelqu'un peut m'expliquer comment transformer une adresse en véritable lien : je croyais que c'étais avec [url] [/url], mais ça marche pas ...)
JustBob
11/04/2003 11:03
Joyeux Barbare

Bravo Néojah !

Cette histoire est émouvante et magique. L'écriture est agréable.

J'aurai juste une petite critique, en fait plutôt une suggestion : je me serai peut-être un peu plus attardé sur la description de la forêt, du lieu de la rencontre et du cerf pour permettre de mieux "visualiser" la scène, de rendre l'atmosphère encore plus féerique et de faire contrepoids à la description du champ de bataille.
Très bien faite celle-là d'ailleurs... sauf peut-être juste la phrase "... victoire de la Vengeance" qui, à mon avis, n'apporte rien puisqu'on ne s'intéresse pas au pourquoi de cette bataille. De plus en mettant une majuscule, tu renforces l'impression du lecteur, au début, que c'est un point important de l'histoire, alors que ce n'est pas le cas. J'aurai plutôt mis "... victoire de la bêtise humaine"

Cela-dit c'est du chipotage. Ton texte est très beau.

C'est bien, ça met une grosse pression sur les jouteurs qui n'ont pas encore écrit leur texte, héhé ! Pour moi, c'est trop tard...

JustBob

PS : On peut faire des critiques, hein ? Je ne veux vexer personne.
Méliane
11/04/2003 11:04
Meliane#2818

Alors autant pour moi Néo pour les mouches !!! Désolée !!!

Bon, je m'y colle ....

"Epuisé il atteignit la lisière de la forêt, son seul espoir pour se mettre à couvert. Voilà, des heures qu’il avait fui le champ de bataille. Persuadé d’être suivi, il avait couru jusqu’à ce que ses poumons le brûlent. A présent, il n’aspirait qu’à un peu de repos mais il lui fallait poursuivre. Il devait prévenir les siens de ce qu’il avait découvert. Il avait vu cette nuit l’arrière garde des armées adverses lever le camp et partir vers l’Est. Les espions avaient confirmé ce changement de tactique. La bataille qu’ils menaient dans les plaines de Torhan n’était qu’un leurre… La vraie cible des Irmins était la ville de St Oria, sa propre ville natale. Mais, malgré ses supplications, les nobles qui dirigeaient les opérations ne voulaient pas pour autant lever le camp. St Oria leur semblait un tribu négligeable, leur fierté piquée au vif par la résistance de troupes pourtant moins nombreuses exigeait réparation. Ils voulaient écraser toute résistance avant de poursuivre vers l’Est.

Il était à présent rentré dans la forêt. Couper à travers les bois étaient sa seule chance d’arriver à temps. Les Irmins devraient longer la forêt avant de pouvoir la traverser à la passe des Hauvrêts. Juste quelques instants de repos, voilà ce dont il avait besoin. Alors qu’il s’enfonçait un peu plus, son attention fut soudain attirée par un arbre gigantesque. Majestueux et immense, il dégageait une aura de force et de plénitude qui l’attira irrésistiblement. Il s’assied, à bout de fatigue.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, elle se tenait auprès de lui, lui caressant les cheveux. Elle était nue et il ne put s’empêcher de la détailler de la tête au pied. Il n’avait jamais vu une femme aussi sublime. Son parfum était celui de l’herbe fraîchement coupée, ses cheveux couleur des blés, sa bouche évoquait un fruit bien mur, sa peau était plus doré que le miel, son regard s’arrêta longuement sur sa poitrine et ses hanches et les mots lui manquèrent …. Elle s’était penchée sur lui, lui murmurant des choses qu’il ne comprenait pas mais qui exerçaient sur lui une attraction certaine. Dans sa course, il avait du se débarrasser de son armure et des pièces les plus lourdes de son équipement. Elle eu tôt fait d’enlever le reste sans qu’il s’en rende vraiment compte. Sa fatigue soudain oubliée, il fut animé du désir le plus fort qu’il ai ressenti depuis longtemps. C’était comme si la peur, le découragement, la haine et la douleur qu’il avait ressenti ses derniers jours avaient attisé en lui une rage, une envie irrésistible de survivre. Entrer en elle fut bientôt son sa seule obsession. Dans ses bras, il oublia qu’il avait un nom, il oublia qu’il avait une femme, il oublia qu’il avait une mission.

Losqu’il s’éveilla, il n’aurait su dire depuis combien de temps il était là. Sa fatigue et les blessures du champ de bataille avaient disparu. Il mit du temps à comprendre qu’il se trouvait à la lisière Est de la forêt, sans être capable de se souvenir comment et quand il avait traversé les bois. Il se souvint de son objectif et poussa un cri de rage en pensant au temps qu’il avait perdu. Rassemblant ses affaires, il s’habilla en hâte et couru vers St Oria.

C’est avec soulagement qu’il découvrit sa ville intacte. C’était jour de marché et il devait traverser la place encombrée de marchands pour accéder à la maison de Bourgmestre. Les ragots allaient bon train, partout on racontait que les armées Irmins avaient été décimées à la passe des Hauvrêts. Les raisons de cette débâcle semblaient mystérieuses. Certains parlaient de créatures des forêts, d’autres d’arbres vivants et vengeurs, quelques témoins évoquaient une femme magnifique … Les habitants les plus virulents affirmaient que les forces de la nature s’étaient fait justice : les Irmins les avaient trop longtemps défié impunément pour étendre leur territoire.

Il dut s’appuyer sur l’étal d’un marchand pour ne pas sombrer sous le poids du soulagement. Il pouvait désormais rentrer chez lui et retrouver les siens. Mais au fond de son cœur, une culpabilité tenace lui faisait appréhender ce moment."

Elbinoe
11/04/2003 11:31
Paladin chocolaté


ah beh pfou :o
hum...tous vos textes sont vraiment intéressants, chacun a su dégager une émotion et une ambince particulière et tous vous émuler grave..viva youpi...continuez, j'ai beaucoup de plaisir à vous lire. (et p-e si j'ose je posterai moi aussi une histoire)
Neojah
11/04/2003 13:46
Ménestrel bibliophage

Eh bien, ces joutes vont vraiment être géniales : tous les textes que j'ai pu lire jusqu'à présent, même si je ne l'ai pas forcément dit, sont de trés bonne qualité : ça promet pour l'avenir !!!
JustBob : perso, j'accepte les critiques ... si elles sont bonnes . Non, je suis preneur de tout, surtout que je n'écris que très rarement (j'arrive pas à me dégager du temps pour ça ...). Pour cette histoire de Vengeance, c'est que j'avais l'intention de lier les textes des différentes joutes (mais, ça me paraît difficile avec le recul). Quant à la description de la forêt, eh ben, je sais que j'ai encore des progrès à faire ...
Enfin, je te remercie également et j'apprécie que tu prennes du temps pour expliquer ton avis
JustBob
11/04/2003 14:28
Joyeux Barbare

Ben vi...

Quand on écrit, on n'a pas forcement le recul pour s'autocritiquer. Donc, je suis moi même demandeur de critiques (même si des fois c'est pas très agréable) et, à mon humble avis, c'est la seule façon de s'améliorer. C'est pour ça que j'essaye de formuler des avis.

Enfin bref, puisqu'on parle d'avis, je vais donner le mien sur le texte de Méliane.

Il est bien écrit (j'ai cru voir quelques fautes mais c'est pas grave) et je le trouve vraiment sympa. Bon, je l'avoue ce n'est pas celui que je préfère.
Je crois que ça tient essentiellement à la construction et à l'équilibre du texte. Un peu comme pour Néojah, je trouve que tu es passée un peu rapidement sur ce qui c'est passée dans la forêt et sur sa description.
J'aurai peut-être rajouté un paragraphe plus descriptif sur l'étreinte (NAN ! je ne suis pas un voyeur !) genre : la forêt s'éveille, les animaux et les êtres féeriques s'assemblent autour du couple, les bourgeons éclosent, etc... (maintenant que j'écris ça je me dis qu'il y a moyen de faire un texte puissamment érotique sur l'étreinte entre le héros et la forêt).
En gros, insister un peu plus sur l'aspect féerique de la forêt et de l'impact de cette "communion". Du coup je trouve que l'annonce de la défaite des méchants vient un peu trop abruptement.
D'un autre côté, tu ménages l'effet de surprise et c'est peut-être ce que tu désirais.

Je me dis que quand on lit quelque chose de bien écrit et d'agréable on a envie que ça dure plus longtemps...

Voilà.

Au passage, j'ai repensé au texte de Caramon, et plus ça va, plus je trouve que c'est le plus original et qu'il a choisi un mode de narration vraiment très interessant et pas facile à réaliser. Donc, je le félicite à nouveau.

JustBob
Dom
11/04/2003 14:54
Ménestrels et cochons: tout y est bon !

çà fait longtemps que j'avais envoyé mon texte à Lan. Je ne l'avais posté par pudeur. Mais, à force de vous lire, je me sens un peu voyeur. Donc je vous le livre.



La nuit était tombée depuis longtemps, lui semblait-il. Les ténèbres l’enveloppaient. L’obscurité était à la fois oppressante, et rassurante. Si lui ne voyait pas, il pouvait imaginer que c’était réciproque : on ne devait pas le voir.

Ses sens aiguisés et son expérience de la forêt lui permettaient toutefois de se déplacer sous les futaies sans trop de difficultés. Et là où il n’avait pas perçu un obstacle, un pas de côté, une esquive souple lui assuraient sa sécurité.

Et pourtant, il était inquiet, aux aguets. Le cor qu’il avait entendu retentir peu après le crépuscule ne lui laissait guère de doute. On était à ses trousses. Les mouvements qu’il avait perçus à quelques dizaines de mètres lui faisaient penser que plusieurs traqueurs devaient le suivre. L’absence de tous bruits animaux l’inquiétait : même eux avaient perçu cette oppression, qui s’était abattue sur la forêt. Le feuillage des arbres ne bruissait plus.

Il continuait à progresser.

Quelle idée d’accepter ce rendez-vous à minuit dans la clairière aux bolets. Le message porté par ce curieux volatile, mi-pie, mi-moineau, ne lui avait pourtant pas laissé le choix. Cela faisait trop longtemps qu’il cherchait à connaître ses origines. Enfant recueilli peu après sa naissance, il avait tout de suite montré d’étranges talents, que d’aucuns qualifiaient de druidiques. Sa morphologie, elle-même, laissait perplexe les étrangers au village. Sa taille menue, ses oreilles légèrement effilées, sa beauté. Tout concordait : on lui accordait facilement du sang elfique. Mais les elfes avaient disparu, depuis bien des lustres.

Sur sa droite retentit un son étrange, moitié animal, moitié humain. Une sorte de hurlement plaintif, qui déchirait la nuit. Comme en réponse, deux autres se firent entendre. Malgré sa connaissance de la forêt, il ne reconnaissait pas les créature qui avait émis ces sons.

Le message était certes sybillin, mais très clair : « Retrouve-moi ce soir à la clairière des bolets : je t’expliquerais le secret de ton tatouage ». Personne n’était au courant de ce curieux et minuscule dessin situé sur le haut de sa cuisse. Il avait commencé à apparaître quand il avait atteint 13 ans. Au début, très flou. Il n’y avait guère prêté attention. Au fil des ans, l’étrange entrelacement de feuilles s’était précisé en une couronne, avec en son centre un faucon. Il n’en avait parlé à personne.

Par prudence, alors qu’il approchait de la clairière, il sortit son coutelas. Des pas étaient maintenant perceptibles derrière lui. Une dizaine de créatures. Peut-être plus. Il accéléra son train. Il percevait maintenant l’espace dégagé dans les bois.

Une silhouette féminine auréolée d’une lumière pâle se dressait en son centre.

Ailée.

Derrière lui, ses poursuivants s’étaient mis à courir. Il y arrivait enfin. Dans la clairière, il se précipita vers cette femme. Son visage lui apparaissait maintenant, et lui semblait familier, comme s’il se retrouvait en elle. Lui ouvrant les bras, elle se mit à parler doucement : « Mon fils, le temps presse… ».

Derrière, les créatures arrivaient , et sortaient du couvert des bois. Instinctivement, il se retourna. Ce n’étaient pas des hommes, même s’ils en avaient un semblant d’apparence. Plus trapus. Couverts de plaques de cuir et de métal et armés d’épieux. Leur nom lui vint naturellement. Des orcs.

Il leur fit face, conscient de sa propre faiblesse. Derrière les premiers, d’autres encore arrivaient. Il devait protéger sa mère. Sa mère ! L’espace d’un instant, il se revit bébé dans ses bras, entouré d’autres êtres féériques, qui rayonnaient de beauté et de tranquillité.

Venus du fond de sa mémoire, des mots jaillirent de sa bouche : « Aklaï Bezu ! Gzalo Moyal ! ».

Les orcs s’arrêtèrent nets, stupéfaits.

Autant par ses paroles que par l’homme en bleu qui traversait la clairière, une caisse à outils sous le bras.

Un cri s’éleva : « Roger ! Merde ! T’es dans le champ ! On la refait ! ».

L’agitation sur le plateau monta d’un cran. Chacun s’affaira à ses affaires.

De la cime des arbres, un battement d’ailes se fit entendre aux plus attentifs. Et une voix murmura : « oui c’est ainsi que cela s’est passé ».

Dom

Lan
11/04/2003 17:51
VCR


hehe , un bon texte de plus !

*Lan qui frissonne à l'idée de devoir départager tout le monde...*

bravo à tous, je prend note des textes postés.
Aramina
12/04/2003 14:06
Jamais Contente !

Bon du coup, je me sent un peu obligée d'ajouter le mien aussi. Il aura peut etre l'air long, ms il tient sur 2 pages word en 12, alors je suis toujours dans la marge.

Rencontre en forêt : Re-naissance

Les anciens m’avaient prévenu : nul ne réchappe à sa rencontre.
Mais toutes les nuits Elle me hantait. Vierge de toute beauté, ou sorcière menaçante, d’aussi longtemps que je me souvienne, Elle m’appelait. De plus en plus pressante, de plus en plus suppliante.
Les anciens m’avaient prévenu, mais ce matin là, il fallait que je sache, pour que ces visions me quittent à jamais. A l’aube du jour, je partis donc pour la forêt sacrée, celle qui me faisait tant peur dans ma jeunesse, celle vers qui se tournent tous nos mythes.
Autrefois, on m’appelait Atim et j’avais 14 ans. Garçon peu turbulent, je participais aux taches du village, comme chacun. Mes cheveux d’or et mes yeux clairs faisaient la fierté de ma mère, qui me disait ange envoyé des dieux. Mon père, tanneur du village, était un homme, certes peu bavard, mais franc et protecteur. Et il y avait Mathis, la fille du bûcheron, si belle sous ses longues boucles sombres, et qui la veille m’avait offert les fleurs qu’elle avait cueillies elle-même. Mathis que j’aurais pu épouser, quelques printemps plus tard. Rien que la douceur d’une longue vie calme. Aucune raison de fuir un quelconque malheur. Et pourtant, je partis, car à chaque fois que le soleil disparaissait derrière l’horizon, Elle était toujours là, dans ma tête.
A l’orée de la forêt, je m’arrêtai quelques minutes. Ses arbres que je côtoyais depuis toujours, je ne les avais jamais dépassés, ni personne de mon village. Souvent lors des veillées d’hiver, les plus vieux nous amenaient près d’un feu pour nous réciter des contes. Tant de fois ils nous ont décrit les monstres se cachant là, attendant à l’affût les enfants téméraires qui voudrait s’y aventurer. Tant de fois j’ai frissonné avec les autres. Mais ce matin là, ces histoires me paraissaient bien loin, et la forêt semblait m’inviter, comme si elle m’attendait depuis des années. Je savais que là était ma voie, même si Mathis ne venait pas. Si elle m’aimait, elle attendrait que mon mystère soit résolu et tout redeviendrait comme avant. Je pensais partir pour un mois, pas pour une vie.
J’ai marché tout le jour durant, connaissant, sans le connaître, le chemin à suivre. Dans une réalité quasi onirique j’ai traversé ruisseaux et clairières, la sentant toujours plus près, entendant pour la première fois son appel hors de mes rêves.
Autour de moi les feuilles frémissaient sous la brise du matin. Aux arbres que je pouvais nommer avait succédés d’autres espèces que je ne connaissais pas. Et plus je m’enfonçais, plus la forêt explosait de couleurs et de parfums. Parfois, du bout des doigts, j’effleurais la rondeur d’un fruit que les reflets irisés rendaient irréel à mes yeux.
La nuit tombée, Elle ne m’était toujours pas apparue. Pourtant je la savais proche, ne pouvant plus différencier mes sentiments des siens. A ma peur se mêlait la mélancolie, à mon impatience une fureur sans nom. Et soudain, à la clarté d’une lune glaciale, je la vis.
Monstrueuse et magnifique à la fois. Nue. De sa taille immense, Elle devait, debout, dépasser la cime des arbres. Au premier regard, dans sa perfection, je la pris pour une statue, dernier vestige d’une civilisation depuis longtemps éteinte. Puis je vis son ventre qui régulièrement s’élevait et s’abaissait marquant le rythme de sa divine respiration. Haletant, je ne savais que faire, rester ou fuir, mais ses paupières s’ouvrirent et Elle me regarda fixement. Elle se trouvait jusque là étendue sur le sol, et dans un mouvement lent mais empli de force, elle se redressa à genoux. Loin de mes images passées, elle n’inspirait ni les plaisirs licencieux, ni la destruction, Elle dégageait seulement une extrême lassitude. Je me mis à pleurer.
La Mère de la Terre, l’amante de l’horizon, l’être à l’origine de tout, me parla : « Je t’ai tant attendu mon enfant ». Et dans un doux mouvement elle tendit ses immenses mains vers moi.
Hésitant et apeuré, je reculais d’un pas. Déesse africaine, sur ses épaules d’ébènes courraient des tresses de lianes, qui encadraient un visage d’une beauté sans égale. Ses yeux, d’un bleu changeant, me racontaient tout des océans des légendes de nos nourrices. Mais une larme de diamant coulait sur ses joues de velours. De son cou à sa poitrine, une plaie béante crachait de la terre, la déchirait. A son sein droit pendait une goutte de lait, tandis qu’au gauche glissait un filet de sang.
A mon sursaut répondirent une douleur et une tristesse incommensurable sur ses traits. Petit à petit elle se repliait, se recroquevillait sur elle-même, les bras toujours tendus vers moi. Mais sa souffrance m’avait touché, et ma frayeur diminuait, pour laisser place à une quiétude et un bien-être que je n’avais alors jamais ressentis. Et toujours cette fureur. Mère de tous, elle avait été blessée par les siens, mais moi, elle l’avait toujours su, je lui appartenais, et je l’aimais.
Calmement je m’avançais vers elle, et d’une délicatesse inimaginable venant d’une telle puissance, elle me porta contre son ventre, tel un nouveau-né. Durant un cours moment d’éternité, elle me berça et tous mes souvenirs, toutes mes attaches s’éloignèrent de moi. De sa peau se dégageait l’odeur de l’humus et une tiédeur apaisante. Au loin il me semblait entendre tous les volcans et toutes les vagues, tous les ruisseaux et toutes les tempêtes du monde. Finalement, en continuant de m’enlacer, elle me redressa jusqu’aux collines de sa poitrine. Je bus alors à son sein, le lait tentateur, qui s’infiltra dans tout mon corps, toute mon âme. Dans chacune des cellules de mon organisme, je sentais se distiller une nouvelle vie. A présent enfant de la terre, je m’éveillais sur un sentiment nouveau de force, et de savoir. Et de faim. Le lait s’étant tari, je bus son sang, à son sein gauche. Dans les affres d’une agonie extatique, je sentis mon corps se lacérer, se déformer pour se modeler en une nouvelle entité. Je ne saurais dire aujourd’hui combien de temps cette mutation a duré. Mais il était l’aube quand je me suis réveillé et, à côté de moi, notre Mère était de nouveau allongée et semblait curieusement sereine. Mon premier effort pour me relever fut vain. Les suivants également. Puis au bout de quelques minutes un instinct qui me semblait à la fois inconnu et présent depuis toujours m’envahit. Avec précaution, je déployais mes ailes, si fines et si brillantes aux premiers rayons du soleil et pourtant si terrifiantes. Avec précaution et émerveillement, je fis jouer les muscles de mon dos et de ma queue puis de mes serres, je remuais la terre meuble sous mes pattes. En quelques battements d’ailes je surplombais la forêt, voyant ma mère, au centre de sa clairière, à présent tant fragile à mes yeux. Plusieurs fois j’ai tournoyé au-dessus d’Elle, expérimentant le bonheur de sentir l’air autour de moi. Dans l’effort de l’élévation, ou le vertige du plongeon, je me sentais entièrement libre. Et loin en dessous de moi, je l’entendais rire avec moi. Je revins me poser à côté d’elle, glissant ma tête sous son bras. De sa main si douce, elle caressa mon cou, tellement long désormais, et posa un fin baiser sur ma bouche. Et d’un regard, elle me dit tout, car nul langage n’était plus nécessaire entre nous, je pensais tout ce qu’elle pensait, je voyais tout ce qu’elle voyait. Elle ajouta pourtant dans un murmure : « Va mon amour accomplir notre horreur ».
De nouveau je pris mon envol, sachant maintenant où je devais me rendre. Sous mes griffes mortelles la forêt défilait et bientôt apparaîtraient les premières habitations. D’autres comme moi naîtraient dans quelques temps, je le sentais, et nous formerions la nouvelle Race. D’autres comme moi, pour m’aider à exterminer tous ceux qui ne suivaient pas la voie de Sheria, tous ceux qui la faisaient souffrir.
Pour annoncer mon arrivée, j’expulsais de ma bouche un formidable trait de feu, qui se confondait avec l’astre naissant. Ce goût de soufre sur mes crocs témoignait de toute ma rage, de toute ma splendeur, et de toute ma supériorité. Mais avant mon combat, il me restait une mission à accomplir.


Voila, je prends aussi toutes les critiques bien entendu
Aramina



Lan
12/04/2003 17:53
VCR


pour info, je mettrai tous les textes dans le topic (enfin je rajouterai que ceux qui y sont pas déjà) et ils seront aussi mis sur une page dans les pages de joutes, je pense pa que ça pose de problèmes ?
Aramina
12/04/2003 18:11
Jamais Contente !

Moi ca ne me derange pas en tout cas
Aramina
Beregond
14/04/2003 13:24


Bonjour à tous !!!

Avant toute chose, je remercie Caramon et Zacharias pour les commentaires sur la Quête de De Falmir. Cela m'a fait plaisir.

En ce qui concerne les textes déjà postés, j'ai bien ri avec l'histoire de Justbob et particulièrement apprécier le style et l'histoire de Aramina. Tous cela m'a donné envie de participer aussi...

En ce qui concerne mon texte, j'aimerai vous dire deux choses. La premiere est qu'il est un peu plus long (2 pages et demi en Word 12) et qu'il s'agit de Fantasy comtemporaine. en fait, je ne sais pas si elle rentre dans le cadre de la joute (le jury decidera) mais si il y a de une foret et une rencontre.

Mais que tout cela ne vous empêche pas de la lire et de me faire part de vos avis !!!

Rencontre en forêt :


Bertrant s’affaissa lourdement sur la souche d’un arbre et tenta de masser son pied endolori à travers l’épaisse chaussure de marche. « Eh les gars ! Attendez-moi ! » Le visage rouge, ruisselant de sueur, il essayait tant bien que mal de reprendre son souffle.
Ses trois compagnons se retournèrent vers lui en poussant des soupirs d’exaspération, les mains levées au ciel.
« Encore ! » s’exclama Denis, un adolescent de seize ans au physique avantageux. « Tu fais chier, Bertrant ! Comment veux-tu qu’on retrouve la voiture si tu nous arrêtes toutes les cinq minutes ! Arrête de jouer les chochottes et avance ! »
Ce n’était pas tous ces propos qui faisait le plus de mal à Bertrant mais plutôt la façon dont Virginie regardait Denis. Ses yeux verts, remplient d’un désir ardent, n’arrêtaient pas de suivre ostensiblement les contours de son torse musclé, la courbe de ses fesses fermes, ses cuisses. Elle posa délicatement sa main à la peau pâle sur l’avant-bras de Denis. « Tu vois bien qu’il est à bout de souffle. Laisse-lui deux minutes, tu veux ? »
Qui résisterait au regard qu’elle lui lança ? Certainement pas lui. « Tu as raison », dit-il les lèvres fendues d’un sourire idiot. « Eh Gras-Doubles ! Je te donne cinq minutes ! »
Bertrant préféra l’ignorer et se concentrer sur son pied. Pourquoi lui et pas moi ? pensa-t-il. Bien sûr, la réponse était évidente quand vous les compariez. Et d’abord, je suis pas gros ! Je suis un peu enveloppé, c’est tout ! A force de le répéter, les gens avaient fini par le surnommer Obélix.
Il regrettait amèrement d’avoir proposé à Virginie de visiter la forêt de Paimpont. Denis et son acolyte, Jérémie, étaient passés à ce moment là dans le couloir du lycée et l’avaient entendu. Et voilà, Brocéliande avait perdu son côté magique. Un week-end romantique entre Virginie et… Denis, au grand désespoir de Bertrant. Et comble du malheur, lorsqu’il tentait une approche, Jérémie se mettait en travers de son chemin.
Ce fameux empêcheur de tourner en rond posa son sac à dos près de lui. « Tu ne trouves pas qu’ils forment un joli couple ? »
Bertrant releva la tête et observa les deux adolescents qui venaient vers eux en se frôlant, se jetant des regards de côté, souriant. « Ouais, ouais. C’est vrai qu’ils vont bien ensemble », avoua-t-il à contre-cœur.
Jérémie posa une main squelettique sur son épaule. « La prochaine sera peut-être la bonne. » Bertrant lui jeta un regard étonné. C’était exactement la pensée qui lui avait traversé l’esprit. Il n’y avait aucune trace de moquerie dans la voix de Jérémie, ce qui était nouveau. « Denis est amoureux d’elle depuis le CP, mais il est timide. Il faut pas lui en vouloir pour ce qu’il te dit. Il essaye de se mettre en valeur, c’est tout. »
Dans des moments comme celui-là, cela vous fait vraiment une belle jambe lorsque quelqu’un vous dit un truc pareil. Tout ce que désirait Bertrant en cet instant, c’était pleurer. Il sentit les sanglots montés dans sa gorge mais il réussit à les contrôler. Il voulait aussi lui crier que c’était la chose la plus stupide qu’il n’ait jamais entendu pourtant il parvint à refréner sa colère. Au lieu de cela, il s’éclaircit la gorge. « Tu crois que la départementale est encore loin ? »
« Je sais… Tu as entendu ? »
Bertrant tendit l’oreille. Au loin, un pivert tambourinait l’écorce d’un arbre. « Un oiseau ? »
« Non pas ça… Quelque chose approche… »
Bertrant réalisa que des brindilles craquaient. « Un sanglier ? on ferait peut… »
Un homme surgit des taillis. Les pieds nus et sales, une robe blanche recouverte de boue et le visage en sueur, l’homme s’arrêta et tourna frénétique la tête dans leur direction puis dans celle du couple. Il arborait une barbe grise et des cheveux longs et blancs qui volaient au vent. De la bave dégoulinait de son menton tandis qu’il psalmodiait des phrases incompréhensibles.
Jérémie gloussa. « Eh bien ! Qu’est ce qu’il a le vieux ! Y se prend pour Gandalf ! »
Denis rit à son tour et secoua la tête. « Mais non, réfléchit Crétin ! On est à Brocéliande ! C’est Merlin ! »
Denis fit un pas vers le vieil homme mais Virginie le retint de sa main délicate à la peau pâle. « Fais attention », dit-elle prudemment. « Il ne m’a pas l’air bien net. »
Dans l’intervalle, l’inconnu s’était rapproché de Bertrant et de Jérémie tout en continuant de marmonner dans sa barbe. De temps à autre, il portait une main tremblante à sa bouche.
« Mais qu’est ce qu’il raconte ! » s’exclama Jérémie. « Je comprends rien à ce qu’il dit ! »
« C’est du latin ! » lui répondit Bertrant.
Jérémie se retourna vers lui, l’air interrogateur.
« J’ai fais deux ans de latin au collège. Je crois avoir reconnu certains mots. »
« Lesquels ? »
« Chercher et… Ah ! J’en suis pas sûr ! Il parle trop vite ! »
Le vieil homme agrippa Jérémie par le col et lui pesta à la figure. L’adolescent maigrelet le repoussa vivement. « Eh ! Bas les pattes avec tes mains crasseuses ! »
Un éclair de colère passa sur le visage du vieil homme. Il se redressa - subitement il parut plus grand - et écarta les bras. Sa vitesse de diction s’accéléra. Un vent froid et violent se leva. Des feuilles mortes tourbillonnèrent dans tous les sens, s’envolant vers la cime des arbres. Jérémie et Virginie hurlèrent en même temps. Virginie… De terreur et Jérémie… De douleur. Des lianes s’enroulaient autour de ses mollets. Elles se resserraient sur elles même à chaque torsade. Il hurlait, criait qu’elles lui faisaient mal, qu’elles le brûlaient.
Perdant l’équilibre, il s’écroula. Ses trois compagnons se jetèrent à ses pieds. Ils essayèrent de desserrer les lianes mais ils eurent vite fait de retirer leurs mains. « Des orties ! » s’écria Denis qui se retourna vers le vieil homme. « Espèce de salaud ! Pourquoi avoir fait ça ? »
Imperturbable, le vieil homme fixait maintenant du regard Bertrant et répétait inlassablement les même mots latins.
« Il essaye de communiquer avec toi », lui dit Virginie.
Bertrant déglutit. Quels yeux magnifiques ! « Tu… Tu crois ? » Oh Génial ! Tu parles d’une réplique ! « Heu… Je sais pas ! Il parle tellement vite ! »
« Tu peux le faire », l’encouragea-t-elle.
Bertrant crut l’espace d’un instant que son cœur allait bondir à l’air libre. Elle pense que je peux le faire, Moi ! Bertrant ! Il regarda le visage crispé de Jérémie puis se retourna vers le vieil homme. Celui-ci parlait désormais plus lentement. Il tente de se faire comprendre ! pensa-t-il. Une nouvelle fois, il déglutit. A force de concentration et de patiente, il parvint à saisir quelques mots : retour, or et chercher.
« Mais ça veut rien dire ! » s’exclama Denis, l’air hystérique. Les lianes continuaient leur avancée et atteignirent les genoux de jérémie. « T’es sur que ton latin est bon ! »
« J’ai compris ! » Bertrant et Denis se retournèrent vers Virginie. Même en cet instant critique, son sourire fit chavirer le cœur des deux garçons. « Le Val sans retour ! L’endroit d’où l’on vient ! Il doit chercher l’Arbre d’Or qui se trouve au Val sans retour ! »
Chercher, retour, or. Un éclair de compréhension traversa l’esprit de Bertrant. Il bondit sur ses jambes et, après un instant de réflexion, pointa du doigt la direction d’où ils venaient. Sans un mot, le vieil homme se mit à courir et disparut rapidement dans les fourrés. Aussitôt, Le vent retomba. Les lianes desserrèrent leur étreinte, se rétractèrent et disparurent dans le sol. Les jambières bleue strié de orange du survêtement de Jérémie était en lambeau. Ses mollets étaient recouverts de plaques rouges et boursouflées de pue. Il lui était impossible de bouger sans gémir de douleur.
Virginie tapota de sa main délicate l’épaule de Bertrant. « Tu as été génial. »
Rougissant jusqu’à la racine des cheveux, l’adolescent crut défaillir.

Se guidant à travers la cime des arbres, les deux jeunes hommes couraient dans la direction du soleil couchant. Ils avaient pris cette direction à défaut d’une autre. Ils devaient rejoindre la départementale au plus vite et suivre la course du soleil était le meilleur repère pour ne pas changer de direction.
Bertrant courait derrière Denis le cœur léger. Elle m’a trouvé génial ! Maintenant, il voulait lui montrer à tout prix ce dont il était capable. Il ne se laisserait pas écraser par ce Denis arrogant. « J’ai bien réfléchi », dit-il. « Je crois qu’on vient de croiser le véritable Merlin, celui des légendes. »
Denis s’arrêta de courir, mit les mains sur ses hanches pour reprendre son souffle et se retourna vers lui. « Merlin est un mythe, crétin ! Il n’a jamais existé ou il est mort depuis belle lurette ! »
Bertrant eut un mouvement de recul devant la colère de son compagnon. « Pourtant… Insista-t-il, j’ai lu dans un livre qu’il avait la capacité de se déplacer dans le temps. Peut-être qu’il s’est égaré à notre époque ? »
« Bon sang ! Mais t’as pas fini avec ces foutaises ! Au cas ou tu l’aurais oublié, on a laissé nos amis au milieu de nulle part pour chercher des secours avant la tombée de la nuit ! »
Reprenant leur course, ils débouchèrent dix minutes plus tard sur la départementale 134, déserte à cette heure de la journée. A l’horizon, le demi-cercle orangé solaire s’amenuisait d’avantage. L’atmosphère se refroidissait de minutes en minutes et donnait la chair de poule à Bertrant. « Et maintenant ? Qu’est ce qu’on fait ? »
« A ton avis ? … On recherche la voiture, crétin ! »
« Oui, mais de quel côté ? »
Denis lui tapa sur l’épaule et lui désigna un véhicule en stationnement un peu plus loin sur leur gauche. Le véhicule en question se révéla être une ambulance dans le fossé. L’avant de l’estafette était enfoncé, le gyrophare en miette et des débris de verre partout sur la route. Lorsqu’ils arrivèrent à sa hauteur, deux infirmiers étaient en train de se soigner. Le premier avait un bandage autour de la tête et le deuxième son bras en écharpe.
Les deux adolescents parlèrent en même temps. « On a besoin d’aide ! » disait Denis tandis que Bertrant s’époumonait : « Nos amis sont en danger ! »
Une fois les secours prévenus, ils attendirent patiemment dans un silence pesant, jusqu’au moment où Denis demanda aux infirmiers ce qui leur était arrivé.
« Nous transportions un malade », répondit celui au bandage à la tête. « Et puis un vent violent s’est soudainement levé et a emporté l’ambulance dans le bas-côté. C’était terrible. Il a tout brisé. »
Denis et Bertrant se dévisagèrent, leurs yeux remplient de stupéfaction. « Votre malade, demanda Denis, la voix chevrotante, c’était pas un vieillard aux cheveux et à la barde grisonnants ? »
L’infirmier au bras cassé confirma de la tête. « Un prof de latin à la retraite en dépression. Ces derniers temps, il était devenu un peu agressif alors on le transférait dans un institut plus adapté. »
Le rire que laissa échapper Denis exprima son soulagement sincère. « Et dire qu’un instant, j’ai faillit y croire ! Ton Merlin, Bertrant, n’est qu’un vieux prof à la retraire ! » Tout en continuant de rire, il se donnait de grandes claques sur la cuisse.
Mais loin de se démonter, Bertrant lui adressa un sourire sardonique. « A ouais ! Et comment expliques-tu le vent qu’il à produit ou bien ce qu’il a fait à Jérémie ? »
Le rire de Denis se coupa net.
Le silence tomba sur la forêt de Paimpont.

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