La Pierre de Tear fait peau neuve ! L'aventure continue sur www.pierredetear.fr !
L'ancien site est a présent archivé pour la postérité et en mode "lecture seule". Vous pouvez consulter l'ensemble du contenu et des anciennes discussions du forum,
mais plus créer de nouveaux topics ni écrire de nouvelles réponses.
Trois villes que j'aime parce que je suis rarement allé plus loin (sauf une fois pour aller en France(j'y retourne cet été d'ailleur ) :Montréal(mon patelin)=pour ceux qui aime la vie de ville, Québec= c'est mignon tout plein! et Rimouski=vive les tites villes!!!
Mŷrka, la trans-atlantique!
ça y est : c'est lancé !! Je me sens pas trés bien ce matin, en décalage complet plutôt ...
Je cherche désespérement des adresses de forum US afin d'entrer directement en contact avec nos amis américains. Je sais que c'est pas forcément l'endroit pour ça, mais si vous avez une idée, je suis preneur ... Si ça colle pas au site, vous pouvez effacer ce message (mais ça fait une demi-heure que je cherche et que je trouve pas et j'en suis malade ...).
Merci
neojah, qui a le coeur trés lourd ce matin ...
Moi je ne sais que penser Néojah... entre tous les intérêts financiers, politiques en jeu, les hypocrisies et la mauvaise information...
Dans la forme, l'intervention unilatéral des Etats-unis est critiquable.
Mais dans le fond, un dictateur reste un dictateur, surtout lorsqu'il fabrique des armes en vue de les utiliser un jour sur des innocents, lorqu'il joue au chat et à la souris avec les inspecteurs de l'ONU...
C'est peut-être la preuve que les tyrans ont de moins en moins leur place dans ce monde?
Quoiqu'il en soit, maintenant, il n'y a plus qu'à espérer que tout se passe bien dans cette intervention.
P.S: 1)Néojah, si tu trouves un site américain, je suis preneur.
Tu te fais beaucoup d'illusions petit Caramel...
Il y a bien longtemps que j'ai perdu mes illusions : il n'y a de politique que Realpolitik.
Et franchement, les gouvernements américains ont suffisamment soutenu de dictateurs quand ça les arrangeait (comme nous d'ailleurs) pour que ce genre d'argument me laisse de glace. Un dicateur te sert ou pas. Là, il ne leur sert pas.
Les motivations sont certainement trés complexes, pour partie conscientes, pour parties inconscientes.
* Petrole ? Certainement. Apres tout, c'est la base de notre économie mondiale...et la "guerre" la plus engagée aujourd'hui est économique, pas militaire.
* Foi aveugle en l'universalité des valeurs US ? C'est sur. Ne jamais oublier les fondements de la société américaine et surtout du gouvernement républicain et ce que ça sous-entend comme mode de pensée (consciente ou inconsciente) : esprit messianique, sentiment d'être une civilisation élue (on a gagné la guerre froide), foi du pionnier et j'en passe. Chaque civilisation dominante a eu ce genre de réaction qui se traduit plus ou moins différemment selon ses valeurs de base. Aujourd'hui ce sont les américains.
* Coup politique pour entraver l'émergence de blocs concurrents ? J'en suis sur. Adversaire immédiat : le bloc Europe qui fait un bon allié mais seulement s'il ne peut se débrouiller seul. C'est par ailleurs le plus féroce adversaire économique des US. A plus long terme, ca sera l'Asie. L'Amérique latine est plus ou moins sous controle.
* Désir de vengeance ? Peut-être la raison la plus profonde car la plus émotionnelle. Aller traquer quelques terroristes cachés en Afghanistan et bien planqué n'est pas trés satisfaisant émotionnellement...Taper sur une tête qui dépasse et qui fait un bon punching ball est autrement plus facile à court terme et plus efficace.
* Se faire l'ONU au passage ? Ca c'est du bonus. L'ONU est clairement une tour de Babel. Les tours de Babel, c'est énervant quand on sait qu'on a raison, c'est plein de contradicteurs...
* Délaicisation de la société américaine ? Aussi. Apres une grosse vague de sécularisation dans les années 60-70, c'est l'inverse.
Voila, j'ai certainement pas toutes les réponses.
Mais faut pas rêver, Bush ira jusqu'au bout.
Je suis un vieux cynique si vous voulez et c'est malheureux à dire mais l'intérêt politique de la France et de l'Europe aujourd'hui c'est que la guerre dure un peu plus que ce que les américains veulent bien dire, qu'ils ne trouvent pas d'armes de destruction massive autres que les leurs, que les irakiens ne les accueillent pas à bras ouverts.
Je suis personnellement plus angoisse par la suite du conflit et énervé par la propagande US qui tend à minimiser les victimes potentielles. On sait trés bien qui prend en premier : les enfants (peu à manger, pas de médicaments, accouchements difficiles...). Et ca, ca me révolte.
Selon moi il importe peu que les motivations des Etats-Unis restent douteuse. Et elles le sont, comme tu le soulignes justement, c'est certain.
Seul compte le résultat, mettre fin à un régime totalitaire et désarmer un tyran dangereux. Il était d'après moi évident que l'ONU connaissait un blocage, sur le terrain pour mener à bien sa mission de désarmement et dans les négociations pour prendre des décisions efficaces rapidemment. Les Etats-Unis ne font que pallier ce manque.
Il faut être réalistes, un désarmement pacifiques après 7 mois d'échec devait être rejeté.
Bien sûr des aspects de la situations m'échappent peut-être.
Comme les sanctions économiques qui ont frappé injustement le pays et la population depuis la dernière guerre.
Il existe aussi un risque d'enlisemment des militaires, et de crise dans tous le Moyen Orient qui n'est pas négligeable.
Mais de la à ne rien faire?
Caramon
P.S: j'espère ne pas choquer ceux qui ne pensent pas comme moi.
Après tout l'important est de penser
merci en tout cas Caramon. Même si on peut avoir des avis divergents, discuter amène toujours quelque chose de bon. Je suis trés content de t'avoir vu là-bas ...
Je viens ici vous présenter, pour résumer quelques pensées, un article du Monde.
Caramon, tu as vraiment tort de penser qu'ils "désarment" un tyran. Ce n'est pas avec des bombes et une guerre que tu élimines le principal coupable. Ils l'ont bien montré avec l'Afghanistan, non ? Il est où le Ben Laden qui est le principal auteur de l'attentat à New York ? De plus, il vaut bien prendre en compte la quantité de fausses informations qu'ils ont présenté. C'est ahurissant, de prendre les masses des populations pour des imbéciles.
C'est pourquoi j'invite tout le monde à réfléchir.
Mais parlons du reste. Voici l'article du Monde en question. Désolé pour ceux à qui je l'ai déjà transféré.
"Mille mercis, président Bush", par Paulo Coelho
Merci à vous, grand dirigeant. Merci, George W. Bush. Merci de montrer à tous le danger que représente Saddam Hussein. Nombre d'entre nous avaient peut-être oublié qu'il avait utilisé des armes chimiques contre son peuple, contre les Kurdes, contre les Iraniens. Hussein est un dictateur sanguinaire, l'une des expressions les plus manifestes du Mal aujourd'hui.
Mais j'ai d'autres raisons de vous remercier. Au cours des deux premiers mois de l'année 2003, vous avez su montrer au monde beaucoup de choses importantes, et pour cela vous méritez ma reconnaissance.
Ainsi, me rappelant un poème que j'ai appris enfant, je veux vous dire merci.
Merci de montrer à tous que le peuple turc et son Parlement ne se vendent pas, même pour 26 milliards de dollars.
Merci de révéler au monde le gigantesque abîme qui existe entre les décisions des gouvernants et les désirs du peuple. De faire apparaître clairement que José Maria Aznar comme Tony Blair n'ont aucun respect pour les voix qui les ont élus et n'en tiennent aucun compte. Aznar est capable d'ignorer que 90 % des Espagnols sont opposés à la guerre, et Blair ne fait aucun cas de la plus grande manifestation publique de ces trente dernières années en Angleterre.
Merci, car votre persévérance a forcé Tony Blair à se rendre au
Parlement britannique avec un dossier truqué, rédigé par un étudiant il y a dix ans, et à le présenter comme "des preuves irréfutables recueillies par les services secrets britanniques".
Merci d'avoir fait en sorte que Colin Powell s'expose au ridicule en présentant au Conseil de sécurité de l'ONU des photos qui, une semaine plus tard, ont été publiquement contestées par Hans Blix, l'inspecteur responsable du désarmement de l'Irak.
Merci, car votre position a valu au ministre français des affaires étrangères Dominique de Villepin, prononçant son discours contre la guerre, l'honneur d'être applaudi en séance plénière – ce qui, à ma connaissance, n'était arrivé qu'une fois dans l'histoire des Nations unies, à l'occasion d'un discours de Nelson Mandela.
Merci, car grâce à vos efforts en faveur de la guerre, pour la première fois, les nations arabes – en général divisées – ont unanimement condamné une invasion, lors de la rencontre du Caire, la dernière semaine de février.
Merci, car grâce à votre rhétorique affirmant que "l'ONU avait une chance de démontrer son importance", même les pays les plus réfractaires ont fini par prendre position contre une attaque de l'Irak.
Merci pour votre politique extérieure qui a conduit le ministre
britannique des affaires étrangères, Jack Straw, à déclarer en plein XXIe siècle qu'"une guerre peut avoir des justifications morales" – et à perdre ainsi toute sa crédibilité.
Merci d'essayer de diviser une Europe qui lutte pour son unification ; cet avertissement ne sera pas ignoré.
Merci d'avoir réussi ce que peu de gens ont réussi en un siècle : rassembler des millions de personnes, sur tous les continents, qui se battent pour la même idée – bien que cette idée soit opposée à la vôtre.
Merci de nous faire de nouveau sentir que nos paroles, même si elles ne sont pas entendues, sont au moins prononcées. Cela nous donnera davantage de force dans l'avenir.
Merci de nous ignorer, de marginaliser tous ceux qui ont pris position contre votre décision, car l'avenir de la Terre appartient aux exclus.
Merci parce que, sans vous, nous n'aurions pas connu notre capacité de mobilisation. Peut-être ne servira-t-elle à rien aujourd'hui, mais elle sera certainement utile plus tard.
A présent que les tambours de la guerre semblent résonner de manière irréversible, je veux faire miens les mots qu'un roi européen adressa autrefois à un envahisseur : "Que pour vous la matinée soit belle, que le soleil brille sur les armures de vos soldats – car cet après-midi je vous mettrai en déroute."
Merci de nous permettre à tous, armée d'anonymes qui nous promenons dans les rues pour tenter d'arrêter un processus désormais en marche, de découvrir ce qu'est la sensation d'impuissance, d'apprendre à l'affronter et à la transformer.
Donc, profitez de votre matinée, et de ce qu'elle peut encore vous apporter de gloire.
Merci, car vous ne nous avez pas écoutés, et ne nous avez pas pris au sérieux. Sachez bien que nous, nous vous écoutons et que nous n'oublierons pas vos propos.
je l'ai moi-même transmis à pas mal de monde ... Il est optimiste, tant mieux, (sur le forum, je suis loggé en tant qu'utopiste pour ceux que ça intéresse).
Ce qui me révolte, n'a rien à voir avec le fait que MOI, je serai contre cette guerre ou d'autres, ou contre les méthodes utilisées.
Ce qui me révolte, c'est que ces gens ont totalement ignoré l'avis même des populations, l'avis même de toutes les populations du monde ou peu s'en faut.
Que les dirigeants de l'Angleterre puisse ignorer une manifestation si importante - UN MILLION de personnes manifestant à Londres contre cette guerre !
Qu'ils ignorent aussi la manifestation de 600 000 musulmans pour la paix.
Que les gouvernants aient cherché à nous mésinformer. Que nos propres médias hésitent entre accomplir leur devoir de révéler les vraies informations, ou leur "devoir" de ne pas alimenter de courant anti-américain.
Qu'il y ait des américains approuvant et d'autres n'approuvant pas cette guerre je n'en doute pas. Le nationalisme est très poussé dans les Etats-Unis, et il n'est pas rare que le citoyen moyen ait peur de son propre gouvernement.
Mais je ne veux pas parler de mes avis personnels.
Ce qui me révolte, c'est que c'est la notion même de "démocratie" qui est ici remise en cause.
Un million de manifestants à Londres, est-ce que vous vous rendez compte ?
Je suis tout à fait d'accord avec toi, et je partage complétement ta stupéfaction et ta révolte. Le plus inquiétant, ça reste quand même qu'une partie de la population n'a pas conscience de cette "manipulation" couplée à la perte de démocratie.
Tu parles de mobilisation ? La mobilisation aux EU a été supérieure à celles du Viet-nâm ! Et en moins de temps ! Avant même que le conflit ne commence!
Mais j'ai l'impression qu'on assiste à un lachage : je m'explique : je pense que nombre de personne se disent : on sait que la guerre va avoir lieu, alors plus vite ça commencera, plus vite ça finira. C'est grave. Tout comme la propagande (je ne peux pas appeler ça de l'information, c'est pas possible) dans laquelle baigne le peuple américain.
J'ai vraiment l'impression que nous sommes à un tournant décisif de l'Histoire. Et c'est pas la seule faute de Bush : cela se profile déjà depuis quelques années ...
Je l'ai lu aussi.
Le texte qui m'a le plus accroché est toutefois la déclaration de Robin Cook devant les Communes pour expliquer sa démission. Tout était dit, sans excès, sans angélisme et en toute humilité.
Le meilleur playdoyer que j'ai lu. Et de loin.
Malheureusement c'est en anglais et ça a disparu du site du Guardian... Je peux si vous voulez le copier/coller ici mais seulement si cela vous intéresse.
Caramon : je suis désolé mais le but des US n'est pas de désarmer Bagdad. Le but du jeu est de prendre pied encore plus au Moyen-Orient, sans personne interposée. En effet, leur "grand allié" l'Arabie Saoudite est plus clairement liée à AlQaeda que l'Irak et ce n'est pas un allié sur. Les états périphériques qui comptent (Syrie, Jordanie, Egypte, Iran) sont loin d'être à leur botte du fait de la question palestinienne.
Conclusion logique d'un point de vue géostratégique : trouver une autre implantation plus sure...et surtout plus inféodée.
Le but des US et ce pourquoi ils veulent renverser Saddam, c'est ça. Et pas autre chose.
L'irak est une cible de choix : il paraissait légitime d'attaquer, c'est un etat de tradition laique, un pays ou l'intégrisme est moins implanté qu'ailleurs dans la région, adossé à un allié de l'OTAN (la turquie), aux ressources propres importantes (contrairement à l'Afghanistan) et avec des future élites (exilées) familières de la culture américaine.
L'equation est facile à résoudre...mais à mon avis pas facile à tenir : pays de tribus, nombreux intérêts divergents des communautés.
Ca ne veut pas dire que je pleurerai Saddam. Mais je préfère avancer les yeux ouverts.
Ce texte était également excellent : il étaient d'ailleurs tous les deux sur le site du monde (en français), peut-être y sont-ils toujours ?
Aekar a raison : on aura tous des bonnes raisons pour faire ou ne pas faire la guerre. Ce qui compte, ça reste la volonté du peuple et ça, ça n'a pas été pris en considération. De plus, par les temps qui courrent, déméler le vrai du faux devient un vrai casse-tête (exemple : les fameux prisonniers iraquiens qui se sont rendus : j'ai entendu 15, puis 17, puis 18, au Nord de l'Irak, au Sud, puis au Nord du Koweit, etc). En plus, l'avenir nous dira qu'il y a sûrement plein de paramêtres sur l'on ne gére pas du tout. Mais, dans une démocratie, les dirigeants sont les représentants du peuple. Et c'est tout le paradoxe : si une grande partie de l'humanité est contre cette guerre, du moins dans sa manière, l'opinion publique américaine la soutient désormais (70 % si l'on tient comptes des sondages). Dés lors, que faire, nous pauvres français, face aux magnats de la communication, face à un pays qui équivaut à notre continent ?
Parler ... parler ... parler ... le dialogue, il n'y a que ça qui nous reste (ou alors, dites-le moi vite fait : c'est impressionnant les idées reçues là-bas ----- comme doivent être les notres ...)
Mumh, Aekar, si tu as bien lu ce que j'ai écrit je suis parfaitement conscient des buts inavoués de Bush: intérêt économiques (pétrole, faire oublier la crise), personnels (tentative d'assassinat de son père), stratégique, politique (électorat)...
Et d'ailleurs, il en va de même de la France de l'Allemagne ou de la Russie. Chacun a ses mobiles, le pétrole français et Russe, les usines chimiques allemandes etc.. MAis je ne trouve pas ça mauvais.
Après tout, nos dirigeant défendent nos intérêt, l'économie de nos pays. Car le pétrole en France ou l'industrie chimique en Allemagne, c'est nous, Le GROUPE. Des individus qui pris séparemment sont contre les atrocités de la guerre. Mais des individus qui veulent quand même manger, s'habiller, avoir une vie convenable?
Mais, je me moque des buts. Ce qui compte est le résultat: Un tyran en moins qui ne recommencera pas un massacre des Kurdes. D'ailleurs, Paulo Coelho, le rappelle aussi ce massacre.
Et sur ce second débat, le fait que les dirigeants font la sourde oreille aux populations. Tu as peut-être raison.
MAis, je me méfie des populations, des mouvements de foule.
En effet, et tu me l'as rappelé :NOUS ne savons rien!
Nous ne connaissons pas les faits, et les mobiles des uns et des autres.
Aussi, je me méfie des gens qui manifestent pour défendre leur appartenance à une religion. Alors, que nous ne sommes pas dans une lutte Islam, Chrétienneté, mais plutot dans une lutte contre un génocide futur, et probable.
Je me méfie aussi de ceux qui refusent la guerre par conviction, sans pousser la réflexion.
Je me méfie de tous ceux qui sont entraîné dans les bains de foule.
Après tout, nos dirigeants sont des hommes eux aussi, et des gens cultivés, plus à même de prendre ces décisions techniques?
PS/ JE SUIS DESOLE POUR TOUS CEUX QUE JE CHOQUE. JE SUIS PEUT ETRE BUTE... ET MOI MEME DE MOINS EN MOINS CONVAINCU. JE NE SAIS QUE PENSER...
BONNE JOURNEE A TOUS!!!!!
Un million de manifestants à Londres, pour moi Caramon, ça suffit à exprimer la volonté d'une population entière. Tout simplement. Ce n'étaient pas 30 000 personnes manifestant pour défendre leur salaire, non, c'était un million, de quoi prouver qu'un référendum aurait massivement rejeté la guerre.
Et quand tu es un dirigeant, que ta population est massivement et activement contre une chose, si tu passes outre et tu agis (surtout pour quelque chose d'aussi radical qu'envoyer des gens en tuer d'autres sans pour autant avoir été attaqué auparavant), c'est que tu es soit un tyran, soit un imbécile.
Je ne parle pas des motifs ni des goûts de chacun. Je parle bien d'un principe qui est la base de la démocratie !!!!
Caramon j'ai conscience que tu parles en tout sincérité et moi aussi. Je ne suis pas un "super pacifique", je ne pense pas, mais par contre, il y a eu là quelque chose dans Georges Bush et Tony Blair qui quelque part, fait qu'ils ne respectent pas quelque chose de pourtant évident.
C'est aussi pour cette raison qu'ils tiennent tant à dire que l'Irak n'a pas respecté les termes du désarmement. Parce que s'il était prouvé que l'Irak les avait respecté, même Hussein serait en droit d'appeler les casques bleus (chose qui paraîtrait étrange au premier abord, mais l'Irak reste un état souverain). Et oui, je tiens à rappeler que les casques bleus auraient pu être envoyés en Tchetchénie aussi à condition qu'un concensus reconnaisse la Tchetchénie comme un état souverain. Ce qui était possible après leur déclaration d'indépendance, mais aucun gouvernement n'a voulu se prononcer là-dessus.
Maintenant, je ne doute pas que l'Irak n'ait pas respecté les termes de désarmemement. Qu'ils ne l'aient pas fait scrupuleusement ne m'étonnerait guère, mais que les US et d'autres nous dressent de fausses informations pour manipuler les populations, ça c'est le comble.
Parce qu'il s'agit bien là d'une guerre personnelle des Etats-Unis et de leurs alliés sans attaque préalable. A la rigueur ce n'est pas ça qui me choque le plus. Ce que je trouve le plus ridicule, moi, c'est que les populations d'Angleterre et d'ESpagne soient contre et que pourtant leurs dirigeants se prononcent pour ; pire encore, que l'Angleterre y envoie même son armée. A quoi sert l'armée ? Pas à défendre l'avis personnel du dirigeant. Sauf en cas de déclaration de loi martiale ou de tyrannie.
Merci neojah et DonLope pour apporter l'autre article que je n'ai pas pu voir, et cette démission dont vous parlez ! Car j'aimerai beaucoup la lire.
Personnellement, moi non plus, je ne suis pas sûr de moi. Peut-être que dans trois jours, la guerre sera fini, avec trés peu de morts et que le bonheur régnera dans la région ... Mais je pense pas que ce soit le cas. La région était déjà explosive avant, je vois pas pourquoi ça changerait ... Mais keske j'aimerai avoir tort ....
Pour Aekar, je vais essayer de la retrouver (euh, ça date de la semaine dernière, je vais voir ça ...).
Entre nous, je suis trés content de vous avoir, ça fait du bien d'extérioriser ... merci
J'ai démissionné du gouvernement parce que je pense qu'un des principes fondamentaux de la politique étrangère du Parti travailliste a été violé. Si nous croyons en une communauté internationale fondée sur des règles et des institutions irrévocables, nous ne pouvons pas les ignorer lorsqu'elles produisent des résultats qui ne nous conviennent pas.
Je ne peux pas défendre une guerre qui n'obtient ni l'approbation internationale ni le soutien du pays. J'applaudis aux efforts tenaces du premier ministre et du ministre des affaires étrangères pour obtenir une seconde résolution. Ces tentatives s'étant soldées par un échec, nous ne pouvons pas prétendre que l'obtention d'une seconde résolution n'avait pas d'importance.
Ces derniers jours, la France a été la cible de très violentes critiques. Toutefois, elle n'est pas la seule à demander plus de temps pour les inspections. L'Allemagne s'oppose à nous. La Russie s'oppose à nous. A dire vrai, nous n'avons à aucun moment réuni ne serait-ce que la majorité minimale pour faire adopter une seconde résolution. Nous nous faisons des illusions sur le degré d'hostilité de l'opinion internationale quant à une action militaire si nous croyons que tout est de la faute du président Chirac.
La dure réalité est qu'on demande à la Grande-Bretagne de s'embarquer dans une guerre sans l'approbation d'aucune des institutions internationales dont nous sommes un des principaux membres. Ni celle de l'OTAN ni celle de l'Union européenne, et maintenant pas non plus celle du Conseil de sécurité. En arriver à un tel isolement diplomatique est un sérieux revers. Il y a à peine un an, nous faisions partie, avec les Etats-Unis, d'une coalition contre le terrorisme plus étendue et plus diversifiée que je ne l'aurais cru possible auparavant. L'histoire s'étonnera des mauvais calculs qui ont mené si rapidement à la désintégration de cette puissante coalition.
La Grande-Bretagne n'est pas une superpuissance. Nos intérêts sont mieux protégés par un accord multilatéral et par un ordre mondial régi par des règles que par une action unilatérale. Pourtant, les alliances internationales les plus importantes pour nous sont affaiblies. L'UE est divisée. Le Conseil de sécurité est dans l'impasse. C'est un lourd tribut à payer à la guerre avant même qu'un seul coup de feu ait été tiré.
Le seuil à franchir pour la guerre devrait toujours être élevé. Aucun de nous ne peut prédire le nombre de victimes civiles lors du bombardement imminent de l'Irak. Cependant, l'annonce par les Etats-Unis d'une campagne de bombardements qui va "choquer et impressionner" laisse penser que les pertes se compteront au minimum par milliers. Les effectifs de l'armée irakienne ont diminué de plus de moitié par rapport à ceux de la dernière guerre du Golfe. Bizarrement, c'est seulement parce que les forces armées irakiennes sont si faibles que nous pouvons envisager l'invasion. Certains prétendent qu'elles sont si faibles, si démoralisées et si mal équipées que la guerre sera terminée en quelques jours.
Nous ne pouvons pas fonder notre stratégie militaire sur le fait que Saddam est faible et, en même temps, justifier une action préventive sous prétexte qu'il représente une menace sérieuse. L'Irak ne possède vraisemblablement pas d'armes de destruction massive dans le sens habituel du terme – un dispositif crédible susceptible d'être dirigé contre des cibles urbaines stratégiques. Il possède probablement encore des toxines biologiques et des munitions chimiques de combat. Mais il les a depuis les années 1980, époque où les Etats-Unis ont vendu à Saddam l'agent de l'anthrax et où le gouvernement britannique de l'époque a construit ses usines chimiques et ses fabriques de munitions.
Pourquoi est-il si urgent d'entreprendre une action militaire pour anéantir des équipements militaires qui existent depuis vingt ans et que nous avons aidé à constituer ? Et pourquoi est-il nécessaire d'avoir recours à la guerre cette semaine alors que l'ambition de Saddam d'achever son programme d'armement était mise en échec par la présence des inspecteurs des Nations unies ?
J'ai entendu dire que l'Irak n'a pas eu des mois, mais douze ans pour désarmer et que notre patience est à bout. Cela fait pourtant plus de trente ans que la résolution 242 a sommé Israël de se retirer des territoires occupés.
Nous n'exprimons pas la même impatience face au refus obstiné d'Israël d'obéir. Ce qui me préoccupe beaucoup depuis quelques semaines, c'est le soupçon que, si les bulletins mal poinçonnés en Floride avaient été comptabilisés autrement et si Al Gore avait été élu, nous ne serions pas sur le point d'engager les troupes britanniques dans une action en Irak.
Je pense que l'état d'esprit dominant dans l'opinion britannique est sain. Celle-ci ne doute pas que Saddam Hussein soit un dictateur brutal. Mais elle n'est pas persuadée qu'il représente un danger évident et immédiat pour la Grande-Bretagne. Elle voulait qu'on laisse une chance aux inspections. Et elle a le sentiment d'être entraînée précipitamment dans le conflit par une administration américaine qui a son propre programme. Elle s'inquiète surtout du fait que la Grande-Bretagne prenne part à une aventure militaire sans une large coalition internationale et face à l'hostilité de beaucoup de nos alliés traditionnels. Un des thèmes favoris des commentateurs est que la Chambre des communes a perdu son rôle central dans la politique britannique. Rien n'aurait pu mieux démontrer qu'ils se trompent que l'arrêt par le Parlement de l'engagement des troupes britanniques dans une guerre qui n'a ni mandat international ni soutien dans le pays.
Robin Cook est ancien ministre britannique des relations avec le Parlement.
Je rappelle que cela vient du site www.lemonde.fr, et que cela est paru précédemment dans The Guardian
POST : on se recroise, comme ça on a les deux versions