Réécriture de la critique du jeu PC
(Sujet créé par sylesis l 24/08/14 à 07:50)
non favori


Depuis plusieurs années et jusqu'à il y a encore quelques mois, j'ai pris la plume pour rédiger divers critiques de jeu sur certains forums ( mastersystemfrance et gamopat notamment).

En relisant le test du jeu basé sur La Roue du Temps que j'ai posté en Janvier sur Gamopat ( http://gamopat.com/2014/02/retrogaming-la-roue-du-temps-pc.html ), je suis dis que celle que j'avais rédigé pour la Pierre faisait à présent chétive, qu'elle pourrait être refaite dans le fond comme dans la forme. Pas juste que je fasse un simple-copier de celle de Janvier, mais au moins quelque chose d'enrichi et qui explique comment de nos jours y jouer réellement ( parce que oui, on peut encore y jouer et même y prendre plaisir).



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sylesis
18/10/2014 19:27
2 bras 2 jambes 2 roues



La Roue du Temps tourne, les Années se succèdent, laissant des souvenirs qui deviennent légende. La légende se fond en mythe, et même le mythe est depuis longtemps oublié quand reparaît l'Année qui lui a donné naissance. Au cours d'une Année, que d'aucuns ont appelée la mille neuf cent quatre-vingt dix-neuvième, une Année encore à venir, une Année passée depuis longtemps, un jeu tiré de la saga de Robert Jordan sortit sur PC.

Depuis ses débuts, La Roue du Temps a connu plusieurs adaptations ludiques : un jeu de rôle papier, un jeu de cartes à jouer et à collectionner, mais également un jeu vidéo sur ordinateur.
La Roue du Temps, développé par le studio Legend et édité par GT Interactive, se présente sous la forme de deux cds dont seul le premier doit être impérativement installé. Le deuxième optionnel, contient les musiques du jeu.
Avis aux éventuels acheteurs, ce jeu existe en grosse boite cartonnée avec une figurine, ou sous le label "Best of Infogrammes" en format boite de dvd. C'est d'ailleurs cette présente édition que j'ai acheté en 2000.



La première chose qui déroutera probablement l'amateur de la saga est le registre du titre : le FPS, First-Personn-Shooter. Le joueur incarne Elayna, une jeune Aes Sedai à la recherche du voleur qui s'est infiltré dans la Tour Blanche pour dérober des angreals. Sa traque la mène aux abords de Shadar Logoth, et la guide vers l'intérieur de la ville maudite.
Qui dit Aes Sedai dit Pouvoir Unique. Les écueils dans la gestion de la Saidar auraient pu être nombreuses si les développeurs n'avaient joué une carte inattendue : Elayna ne peut pour ainsi dire pas canaliser, ou alors extrêmement peu. Non seulement ca supprime la question de la puissance du personnage, mais ca apporte également un élément scénaristique assez important que je ne dévoilerais pas.
A noter que chaque niveau sera l'occasion d'un briefing/résumé de la situation, racontant l'histoire comme dans un roman et vous donnant quelques consignes et conseils bienvenus.



Soit votre personnage ne canalise pas, mais comment se bat elle ? "On est dans un FPS", me direz vous.
La réponse est simple : votre aes sedai utilise des ter angreals. Les Ter Angreals sont des reliques qui utilisent le Pouvoir Unique d'elles même pour produire différents effets. En possession au départ d'une baguette permettant d'invoquer des souffles d'air faibles mais illimités, Elayna va découvrir en chemin tout une panoplie d'angreals. Chaque angreal différent peut être inspecté en appuyant sur la touche F2. J'ai particulièrement aimé les extraits illustrant chaque effet : ils raccrochent agréablement aux livres et on ne peut s'empêcher d'essayer de deviner de quel tome ils proviennent.

FPS oblige, le jeu comporte son lot de ter angreal offensifs allant de la fléchette au feu purificateur ( le nom du balefire : oui oui, et aussi méchant que dans les livres en plus) en passant par la boule de feu, mais la liste ne s'arrête pas là. On trouve un certains nombre d'angreals défensifs, comme les soins et les divers boucliers, mais également d'autres à l'usage neutre. Ces derniers seront l'occasion de pousser le joueur à réfléchir, à résoudre quelques petites énigmes. Exemple notable : vous êtes dans la Tour Blanche et venez de trouver un ter angreal de permutation, vous permettant d'échanger votre place avec celle d'une autre créature. En cherchant un peu, vous entendez derrière des décombres un trolloc. Vous envisagez d'utiliser la permutation mais c'est impossible car il faut voir la cible. En fouinant un peu, vous finissez par trouver un autre ter angreal : "trouver cible", qui permet aux autres pouvoirs d'attendre des cibles sans les voir. Pour avancer donc, il faut s'approcher des décombres, lancer trouver cible, puis immédiatement après la permutation sur le trolloc à présent verrouillable.
C'est un exemple parmi beaucoup, mais qui montre que l'avancée dans les niveaux n'est pas juste une succession d'explosions à coup de Saidar. De même les niveaux ne sont pas juste une succession de couloirs. S'il est vrai qu'il n'y a qu'un chemin pour avancer, vous pouvez faire de nombreux détours pour chercher moult secrets bien cachés.



Ca c'était pour le gameplay, mais qu'en est il de l'ambiance qui se dégage de la galette ?
Ma réponse est simple : j'ai été charmé. Le coté FPS mis à part, l'immersion est importante : en plus des descriptions des ter angreals, on retrouver avec joie, ou pas, nos chers trollocs, myrdraal et même Mashadar et le Machin Shin. Pour ces trois derniers, les développeurs ont réussi à restituer la terreur qu'ils inspirent dans les livres : les myrdraal se fondent dans les ombres et sont difficiles à tuer, tandis que Mashadar vous fera sursauter sur votre siège lorsque vous entendrez sa voix. D'ailleurs jouer dans le noir les niveaux de Shadar Logoth n'est pas forcément recommandé pour ceux qui ont les nerfs fragiles.
Autre point positif : les musiques. Composées par Robert Berry, elles sont de toute beauté et se mêlent bien à l'ambiance. Au point que parfois, je me suis arrêté, et j'ai juste écouté.
Enfin les graphismes. Le jeu accuse son âge au niveau des modèles qui peuvent parfois être hideux, comme les trollocs ( vous me direz, un trolloc n'a jamais gagné le concours de beauté de Bandar Eban), mais il en est tout autre en ce qui concerne l'environnement et les décors. Déjà rêvé de marcher dans la Tour Blanche ? De traverser les Voies ? C'est non seulement possible mais également très bien rendu avec des textures très fines, même quinze ans après.
Autre détail renforçant l'immersion, le jeu propose un tutoriel facultatif bien pensé : il s'agit du passage d'Elayna du statut d'Acceptée au rang de Soeur, l'épreuve des trois arches.

Pour avoir testé plusieurs jeux datant de cette époque, j'ai été surpris de la facilité à faire tourner ce jeu : aucun patch spécial ni mode de compatibilité n'ont été nécessaire sous Windows 7. Mieux, on peut même pousser la résolution assez haut. Mon seul regret est que les cinématiques Quicktime entre les niveaux ne passent plus correctement. Il est toutefois possible de les regarder à partir du disque 1, mais les voix seront alors en anglais. Ne les négligez pas pour autant, car elle représentent quand même près d'une heure.



Enfin le jeu ne se limite pas à la traque d'Elayna et deux autres modes sont disponibles : le mode Arena ( deathmatch) et le mode citadel. Ce dernier est une sorte de capture the flag : vous choisissez un des trois camps ( Aes Sedai, Réprouvé ou Chien -le voleur- ), éditez votre citadelle en placant pièges et troupes, puis devez voler les sceaux en cuendillar de votre adversaire.
A l'heure actuelle, les serveurs existent toujours, à défaut d'être peuplés.

Finalement, on peut se demander quel est l'intérêt de ce jeu de nos jours. Pour le joueur lambda, le jeu peut se révéler plaisant : un aspect technique qui tient encore debout, un jeu fluide avec un petit aspect recherche pas négligeable. Pour le fan, ce jeu mérite le détour : l'univers est bien rendu par les graphismes et les sons, même si on ne croise jamais aucun des héros de la saga. Certaines rencontres donneront des frissons et des petites pointes d'excitation si bien que des années après, il nous prend parfois l'envie d'y revenir.

A noter qu'à la date du 18 octobre 2014, le jeu n'est toujours pas disponible en abandonware : il vous faudra l'acheter pour l'essayer.
sylesis
18/10/2014 20:19
2 bras 2 jambes 2 roues

Voila une nouvelle critique du jeu, histoire de rafraichir celle que j'ai rédigé il y a quelques années. J'ai déjà fait ce test il y a peu pour un autre site, mais ici j'ai essayé de me concentrer sur l'aspect "Wheel of Time" plutôt que l'aspect "jeu"
Klian
20/10/2014 11:20
Frère Loup, d'une maison d'Andor, webmaster

Syl, merci! Je vais lire ça attentivement (pas le temps tout de suite mais d'ici demain), et remplacer l'ancienne critique par cette nouvelle. Je te tiens au courant.
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