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allez le lien du jour un peu de pub: le livre de mon parrain (un economiste un peu/assez connu, dont je suis secretement amoureux de la fille mais ca a pas l air d etre reciproque ). En fait c est assez d actualite (entre les attentats, les precheurs de l apocalypse, les phenomene de pauvrete de mixite, de valeurs... ne riez pas 40% des americain croient que jesus va revenir sur terre bientot pour combattre l antechrist):
et pour cous mettre l eau a la bouche:
http://www.humanite.presse.fr/journal/2003-11-20/2003-11-20-382862
Essais
Croire à l'incroyance
L'absence de Dieu et de la religion a ouvert la société moderne à l'espace de la liberté infinie. L'entraînera-t-elle désormais dans l'abîme de l'indifférence ?
Le Défi de l'incroyance
d'André Grjebine,
La Table Ronde, 274 pages, 21,30 euros.
Dominique Folscheid,
l'Esprit de l'athéisme et son destin,
La Table Ronde, 2003 (réédition).
Si Malraux a réellement dit, comme on le répète depuis déjà longtemps, " le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ", alors l'auteur de la Condition humaine pourrait avoir proféré à cette occasion la plus grosse bêtise de son existence. La formule inverse, " le XXIe siècle ne sera pas religieux ou ne sera pas ", paraît tout aussi plausible - surtout à un moment de l'histoire où la religion ne semble plus capable de se manifester dans ce qu'elle a inspiré de meilleur (les grandes ouvres de l'art, les vastes élans de générosité), mais reste bloquée dans ce qu'elle suscite de pire (l'obscurantisme et le fanatisme destructeur).
La phrase d'Ivan Karamazov, " Si Dieu n'existe pas, tout est permis ", a été comprise par Camus comme le slogan type du nihilisme révolutionnaire. Semblablement, Hannah Arendt a caractérisé le régime totalitaire comme celui où tout est possible. Dans son dernier livre, le Défi de l'incroyance, André Grjebine, qui est par ailleurs professeur à l'Institut d'études politiques, fait remarquer, à l'inverse, et à plus juste titre selon nous, que le nihiliste mystique est celui pour qui, si Dieu existe, tout est permis, justement. Glucksmann écrit quelque chose de voisin dans Dostoïevski à Manhattan : à la différence du nihilisme athée qui se substitue à la volonté divine, le nihilisme religieux prétend la représenter. Aucun des deux camps n'a le monopole de la violence. Seulement le totalitarisme désormais croit en Dieu.
Tout se passe comme si le siècle qui vient devait s'attendre à une grande confrontation entre ceux qui ont pris la place de Dieu (la civilisation prométhéenne ou faustienne de l'Occident, qui, sur ce plan, parachève l'utopie révolutionnaire de l'incroyance) et ceux qui continuent de parler et d'agir en son nom. Que la modernité se débatte en des termes aussi métaphysiques est déjà bien étrange, mais cela ne nous autorise pas à parler, comme certains l'ont fait outre-Atlantique, du choc des civilisations. Les fous de Dieu exècrent la poésie et la philosophie persanes au moins autant que le cinéma américain. Ils ne représentent aucune civilisation. Ils n'ont pas même la culture des Wisigoths qui avaient mis Rome à sac.