Premier cycle des Annales de La Compagnie Noire
Mercenaires nous sommes et nous resterons. Que nous importe si la cause de notre
employeur est légitime? On nous paye pour la servir. Nous sommes la dernière des
compagnies franches de Khatovar. Nos traditions et nos souvenirs ne vivent que dans
les présentes annales et nous sommes les seuls à porter notre deuil. C'est la Compagnie
noire contre le monde entier. Il en a toujours été, il en sera toujours ainsi.
Pourtant, le jour où notre capitaine a signé pour nous enrôler au service de la
Dame et de ses Dix Asservis, n'était-ce pas signer avec le Mal lui-même? N'était-ce
pas renoncer à notre âme en allant combattre les rebelles et l'espoir qu'ils placent
en la Rose Blanche, la libératrice mythique de ce monde qui ploie sous la sorcellerie?
A la suite d'une manigance fort peu honorable, la Compagnie noire
est libérée du contrat qui la liait à une cité portuaire. Sans cette
trahison et ce tournant dans leur ligne de conduite vis-à-vis des
contrats, auraient-ils été même contactés par cette sombre souveraine
du Nord? Toujours est-il que la troupe est engagée par la Dame,
personnage qui s'avérera être une puissante entité maléfique. La
Compagnie noire doit donc combattre les ennemis de la Dame aux côtés
des Asservis, des sorciers versés dans les plus noires des arcanes
possédant chacun leur style et leur préférence magiques. Gardes
d'élite de la dame, ces soldats ne seront qu'un pion que la dame
déplacera sur l'échiquier de son royaume afin d'annihiler des armées
ennemies ou de mater dans le sang de simples révoltes populaires.
Mais le Destin se mêlera de cette sombre partie et ira de sa folie
pour bousculer les coups si bien préparés et sémera au sein même
de la compagnie ses grains de sable.
Note
8/10 |
Un titre évocateur, précis, concis comme la narration de ce roman. Certains prétendent que le style de cette saga est lapidaire voire sec. J'ai même lu que l'histoire n'était pas exploitée ou les personnages peu fouillés...
Vous devez vous dire que c'est une bien étrange introduction.
Mais voilà le seul problème, ces critiques ont été faites
par des gens qui ne veulent lire encore et toujours que le
même roman, les mêmes archétypes, les mêmes descriptions et
les mêmes aventures. Bercés par un Howard ou un Moorcock,
ce qui en soit n'a rien de honteux, loin s'en faut, ils veulent
se sentir chez eux, dans leur univers et ne désirent que le
même scénario sur le même ton dans le même registre, encore
et encore. Eh bien non... La Compagnie noire n'a rien de classique.
C'est une perle, une rareté : un roman du genre dit "Dark
Fantasy" avec un style, un vrai style d'écrivain qui est au
service de l'histoire riche et savoureuse, aussi injuste que
la réalité, aussi absurde que la vie. Glen Cook écrit. Il
ne se contente pas d'une histoire mais au contraire l'habille,
la fait vivre. Ne vous attendez pas à de valeureux guerriers
guidés par un code d'honneur inflexible ou de blanches damoiselles
au coeur pur. Rien n'est tranché et si vous voulez du manichéen
vous feriez bien de passer votre chemin, titres trompeurs
pas vrai? ;o) Mais le plus marquant dans cette saga est la
narration, la manière dont Glen Cook nous fait suivre le fil
de son histoire. Tout le style repose en fait sur son parti
pris:
La Compagnie noire est une troupe de mercenaires ayant une longue tradition d'annales.
Elle emporte partout avec elle ses précieux écrits qui retracent la vie de la Compagnie
depuis ses origines. Le responsable de ces chroniques au court du récit est le
médecin de la compagnie, chargé de préserver la tradition et d'en raviver l'éclat à
la veille des batailles. Rapidement les annales deviennent un journal de bord
mais aussi son journal intime. Même le narrateur absolu qui prend parfois le pas sur
Toubib ne nous donne pas un point de vue omniscient. Ainsi lorsque la Compagnie
s'engage dans une marche forcée, le médecin ne peut nous donner les détails de sa vie
quotidienne. Nous passons ainsi sur six mois marqués par des évènements importants ;
ils ne nous seront jamais décrits mais seulement suggérés. Loin d'être une facilité de
l'auteur c'est un véritable tour de force qui donne toute sa puissance au récit et
stimule le lecteur. Assez étrangement, on se sent plus partie prenante que si
nous avions une narration classique. Toubib n'est pas un écrivain,
aussi écrit-il simplement avec les mots de son vocabulaire de médecin de camp.
Ainsi il nous dit peu de choses sur ses compagnons, puisque lui les connait bien
et que son récit au bout du compte ne s'adresse qu'à lui-même. On apprendra donc par
touches légères les traits de caractère de ces hommes qui ont même renoncé à leur vrai
nom, Gobelin, Corbeau, Qu'un-Oeil, Prêteur, Cingle.
Par Fervalaka |
Vos avis!
boromir : tres bonne serie - 9
j'ai adoré cette série qui est vraiment a part et j'attends la suite avec impatience.procurez vous la de suite!!
AmOS : Géniale série - 9
Super série, super facon d'écrire et de faire vibré en même temps que Toubib les lecteurs. L'histoire est bien fisselé et les personnages "réels", aussi noir que blanc, avec une très grande passion du gris ...
Mais, il n'existe pas que c'est 3 oeuvres là traitant de la "Compagnie Noire". ca va jusqu'à 7 je pense.
Sur ceux, si vous aimez vous regardez dans un miroir le matin en vous disant autre chose que : "chui lplus beau, lplus fort". Mais en contenplant la vérité, ces livres sont fait pour vous.
Ni héros, ni chevalier, juste une grande famille ...
lele : Lele - 9
pas de 10 pour Cook ni pour aucun autre, il faut toujours une motivation pour se perfectionner.
Pour ce qui est de la série, il ne manquerait plus qu'une odeur latente de sang pour compléter l'illusion.
Cook est un auteur plein de talent dont toute la force réside dans la noirceur de chaque personnage ou le noir et le blanc de chaques personnages se mélangent pour former un breuvage profond dont seule les convictions et les relations entre ces redoutables guerrier très cyniques qui les différencient des simples maraudeurs.
Pour résumer : lisez Glen Cook !
trembleterre : Trembleterre - 8
Original et rustique (qui sent sous les bras) voilà ce que l'on peut dire de cette série. Encore!
Nouveau commentaire
(vous devez être identifié)
|