Les lions d'Al-Rassan
Dans l'empire autrefois puissant d'Al-Rassan,
le roi Almalik Cartada gagne en puissance, annexant cité après cité à son
royaume aidé en cela par le célèbre Ammar ibn Kairan - poète, diplomate,
soldat et assassin. L'empire de Cartada n'est menacé que par les ambitieux
monarques Jaddites du nord qui sont impatients de reconquérir les terres
qui étaient leurs.
Mais les territoires Jaddites sont divisés et leur meilleur général Rodrigo
Belmonte ainsi que sa troupe sont contraints à l'exil. C'est ainsi que vont
se rencontrer Rodrigo et ibn Kairan au bord d'un lac dans l'exquise cité de
Ragosa et servir pour un temps le même monarque.
Et le témoin privilégié de la relation complexe qui va se tisser entre ces
deux hommes, Jehane belle et brillant médecin, deviendra elle aussi l'un des
acteurs cruciaux de la tragédie qui va se jouer alors que la péninsule est
poussée au bord de la guerre sainte.
Les lions d'Al-Rassan
Note
9/10 |
Il s'agit là du quatrième livre de GGKay, après le cycle de la tapisserie de Fionavar, Tigane et Arbonne. Kay s'éloigne encore un peu plus du cadre de la Fantasy auquel son lecteur s'attend et se rapproche du roman historique.
Mais - et c'est là tout le talent de cet auteur que j'adore - l'univers qu'il décrit n'appartient encore une fois ni totalement à notre monde ni à notre imagination. Oui, Al-Rassan est un reflet à peine déguisé de l'Espagne au moment de la chute des royaumes maures. Oui, les Asharites, Jaddites et Kindath ne sont que les images des Maures, des Chrétiens et des Juifs. Oui, Rodrigo est un cousin très proche du Cid. Oui mais, ce monde qui nous est familier n'a jamais vraiment existé !
Plus de magie ni de bestiaire fantastique dans ce livre, les dieux sont lointains et n'interviennent plus, seuls les sentiments des personnages y tiennent le premier rôle. GGKay réussit le tour de force de restituer aisément leurs motivations et interactions, extrêmement complexes pourtant. La tragédie que vit la péninsule d'Al-Rassan repose sur des siècles d'histoire et Kay arrive à nous la faire ressentir à travers la rencontre de seulement trois personnages emblématiques de ses trois cultures que les exigences du pouvoir et de la religion séparent.
Que seule parle la tristesse ce soir
Qu'elle nomme les lunes
Que la pâle lumière bleue soit Oubli
Et la blanche, Mémoire.
Que les nuages cachent l'éclat
Des hautes et saintes étoiles
Et enveloppent le point d'eau
Où il aimait à apaiser sa soif.
Là où viennent maintenant de moindres bêtes
Puisque le Lion n'y viendra plus.
En vérité je vous le dis, Kay est un auteur atypique mais…fantastique ! ;-)
PS. Je n'ai lu le livre qu'en anglais et n'ai pas d'information quant à la qualité de la traduction.
DonLope
- Lien incontournable (pour anglophones) : http://www.brightweavings.com
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Vos avis!
Stefanof : - 7
Manque de conviction ce coup-ci pour GGK. Un livre plein de potentiel, mais qui ne parvient pas à décoller. De plus, on commence à un peu trop bien connaitre les ficelles de l'auteur: le carnaval prétexte aux extravagances sexuelles de plus en plus débridées, le personnage à l'âme de poète qui sera le "chouchou de l'auteur", le petit jeune qui s'initie à la vie, la mort d'un des personnages principaux, et bien sûr la manie de vouloir mener le lecteur en bateau en tentant de le pousser à croire une chose alors qu'une autre se passe. Malheureusement, à force de tirer sur la corde, la corde lâche, et ainsi le procédé devient extrêmement voyant, et irritant. Surtout utilisé plusieurs fois dans un seul livre...
J'hésite entre le 6 et le 7, je vais la jouer généreuse pour ce soir mais c'est à un cheveu.
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