Dark Fantasy
Trône de fer (le), par G.R.R Martin
Le 15/02/2012 par Owyn (Admin) non favori

Au cœur du Moyen Âge, le royaume des Sept Couronnes survit grâce à la protection d'un mur colossal. Le climat incertain peut faire briller le soleil pendant des années ou siffler le vent et la pluie le temps d'une génération. Mais voilà que d'étranges forces apparaissent au nord du mur, alors qu'au sud les actes les plus abjects sont commis dans l'espoir de conquérir le trône. Le roi fait appel au loyal et valeureux seigneur Stark de Winterfell pour sauver le royaume.




Par Gablebo

Cette série, que les lecteurs anglophones connaissent sous le titre de A Song of Ice and Fire, les lecteurs francophones sous celui du Trône de Fer, et dont les téléspectateurs ont pu découvrir depuis peu l’adaptation par HBO (Game of Thrones) est probablement l’une des plus appréciées par le public depuis une quinzaine d’années maintenant.

L’auteur, George R.R. Martin (dont une fiche biographique est disponible sur le site), nous emmène principalement à la découverte du continent de Westeros. Comme son nom l’indique, ce dernier se trouve à l’ouest d’autres terres, d’abord longuement évoquées puis de plus en plus concrètes à mesure que certains personnages voguent par delà les mers au gré de leurs aventures. A la manière de Guy Gavriel Kay (Tigane, Les Lions d’Al Rassan…), chaque chapitre correspond à un personnage, suivi par un narrateur omniscient. Le lecteur change donc régulièrement de point de vue et peut savourer au plus près les actes et surtout les motivations des héros. Cela est d’autant plus important que le Trône de fer est avant tout une saga politique, certes dans un univers médiéval fantastique. Les éléments traditionnels de la fantasy comme la magie et les créatures merveilleuses n’apparaissent que progressivement, d’abord évoqués, puis en toile de fond, sans jamais déstabiliser complètement la place centrale de l’humain.

C’est ainsi que l’on observe les luttes de pouvoir autour du fameux trône de fer, celui qu’occupe le souverain des Sept Couronnes, anciens royaumes unifiés voilà trois siècles par Aegon le Conquérant, bien aidés par ses trois dragons. Cependant, au grand dam de Brigitte Bardot, ces pauvres bêtes ont aujourd’hui disparu et les descendants d’Aegon ont été renversés par Robert Baratheon qui garde tant bien que mal le pouvoir depuis quinze ans grâce à ses amis et ses alliances. Grandes maisons, mariages, esprit de famille, trahison, honneur, rancunes tenaces et amitiés indéfectibles, tous les composants de l’esprit de cour sont là.
L’autre ingrédient majeur de la série est son côté très cru, on aurait presque envie de dire « réaliste ». On est très loin d’une épopée flamboyante à l’ancienne où les armures seraient scintillantes, les châteaux magnifiques et les pucelles douces, belles et pures. C’est l’humain qui est au cœur on vous dit, pas le fantasme ! Avec les bons côtés, mais aussi les mauvais, sans oublier les besoins naturels. Ici, les personnages font pipi et caca, se blessent, font l‘amour, pillent, chantent, violent, tuent, meurent… Par forcément dans cet ordre, mais il y en a pour tout le monde.

Au final, le Trône de fer offre une intrigue très riche qui tient autant grâce à ses personnages que par son rythme. Le tout est forcément inégal : on appréciera retrouver certains héros plus que d’autres tandis que certains passages extraordinairement intenses nous feront ronger notre frein pendant les périodes d’accalmie. George R.R. Martin a d’ailleurs fait un choix particulier pour ses deux derniers tomes (VO : les 4 et 5, qui correspondent aux tomes français 10-11-12, parus, et 13-14-15, à paraître). Ainsi, le tome 4, A Feast for Crows, suit une moitié des personnages, principalement ceux de Westeros, tandis que le tome 5, A Dance with Dragons, retrouve l’autre moitié dans des contrées plus exotiques. Conséquence : un obligatoire retour en arrière chronologique. On revit des faits connus d’un point de vue différent pendant plusieurs dizaines de pages, ce qui est assez fatiguant… D’autant qu’on ne peut totalement oublier les personnages laissés en arrière dont on sait qu’ils seront absents de ce tome. L’explication de l’auteur ? Privilégier l’histoire la plus complète possible pour une moitié des personnages dans un même livre plutôt qu’une moitié d’histoire pour tous les personnages. Bah tiens ! George, mon ami, quand on achève son tome 4 comme tu l’as fait, on évite en plus de prendre le lecteur pour un pigeon !

Bref, quand on lit cette série, on se retrouve finalement dans le même état que les protagonistes : rien ne se passe comme prévu. C’est très agaçant, mais qu’est-ce que c’est bon…




Par Ellebore


Bienvenue dans le monde des Sept Couronnes ! Avec le cycle du Trône de Fer, Martin signe un des plus grands cycles de fantasy jamais publié. Une écriture sans reproche, une histoire parfaite et sortant de tous les clichés, un réalisme quasi inégalé, le Trône de Fer est effectivement parmi ce qui se fait de mieux. Ici, comme dans La Roue du Temps, l’aspect politique est mis au premier plan (et peut-être même plus que dans La Roue du Temps). Les seigneurs complotent les uns contre les autres, se trahissent, s’assassinent et se mentent sans le moindre scrupule. On ne sait jamais qui est réellement dans quel camp, ni d’où viendra le prochain coup. C’est d’ailleurs une des grandes forces du cycle : on évite la division manichéenne quasi-traditionnelle en fantasy. En effet, il n’y ici ni « bons », ni « méchants », et même si certains personnages nous sont plus sympathiques que d’autres, ne vous attachez pas trop à eux, car cela ne les empêchent pas de mourir aussi vite et aussi violemment que les autres. Quant au réalisme, il est poussé à l’extrême. On observe en permanence le coté le plus sombre de l’humanité, la plupart des personnages étant mus par des motifs tels que l’avidité, la haine ou la vengeance. Les batailles sont véritablement présentées comme des boucheries sanglantes, et jamais exaltées. Les soldats sont pour la plupart de véritables soudards qui, lorsqu’ils tombent sur un village, hésitent rarement avant de se mettre à le piller, violant et massacrant sans la moindre pitié. Le récit est froid, précis et sans compromis. Tout cela en fait certes une histoire parfois assez dure à lire, mais c’est sans conteste un véritable monument de la fantasy, extrêmement bien pensé. À lire absolument pour ceux qui ont déjà bien accroché à la fantasy, mais peut-être pas comme introduction au genre car le cycle est assez long (déjà douze tomes en français, et c’est loin d’être fini).




Le Trône de fer (a Song of Ice and Fire)

Le Trône de fer
Le Donjon rouge

La Bataille des rois
L'Ombre maléfique
L'invincible forteresse

Les Brigands/Intrigues à Port-Réal
L'Epée de feu
Les Noces pourpres
La Loi du régicide

Le Chaos
les Sables de Dorne
Un festion pour les corbeaux

Le Bûcher d'un roi


(tomes 14 et 15 à paraître, il existe également une série télévisée de HBO, A Game of Thrones)

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